Voir ci-desàus, I, p
2. Seidemann en a publié des fragments dans ses Erlàuterungen zur Reformationsgeschichte (Dresde, i84/»), p. ii5. Depuis plus de douze ans, y lit-on à la p. 116, la duchesse avait été dispensée de chanter et de lire au chœur, et de se lever pour les matines; depuis huit ans elle n'avait jamais assisté aux heures ; depuis cinq ans, une autre apostate n'était jamais venue à matines. Toutes deux ne faisaient que s'occuper de la secte et des livres de Luther : les autres en avaient parlé entre elles et avaient signalé le fait à l'autorité. Dès lors, elles s'aigrirent contre toutes leurs compagnes, à ce point que lorsqu'elles voyaient deux sœurs causer ensemble, elles s'imaginaient que l'on parlait et que l'on complotait contre elles, quelques protestations amicales qu'on pût leur faire. Comme les autres ne voulaient pas adhérer à l'hérésie de Luther, ce leur eût été peine perdue d'être prévenantes pour leurs deux compagnes ; si l'on attaquait quoi que ce fût de luthérien, alors même que ce pointue les concernait pas, ces deux religieuses entraient en colère comme si l'on eût touché à la prunelle de leurs yeux.
Sur la duchesse Ursule, voir aussi H. Ermisch, Ursula von Miinsterberg, dans le Neues Archiv fur sacks. Gesch., t. III (1882), 290-333 ( Ce dernier alinéa est tiré de VErralwn).
3. A partir de i5:6, il fut provincial de la province de Saxe, et il mourut au commencement de i534 ; son successeur fut Jean Mensing. Voir Paulus, Die deutschen Domiaikaner im Kampfe gegen Luther (igoS), p. 9 et suiv., i5, A3. Ici Enders manqxie compJètement de critique (II, 71).
SERMON DHERMANN RAB SUR LA PROFESSION l5
casion d'une profession, il aurait prêché à des religieuses sur le sujet qui nous occupe ^. Ce sermon est-il authentique de tous points ? En vérité, le témoignage de Luther ne saurait plus être donné comme une preuve suffisante. Regardons-y donc de plus près. Le sermon est en latin. Un sermon latin, en Saxe, à cette époque, devant des religieuses ! D'autant plus queRab savait écrire et parler en allemand ; on le voit assez par la lettre qu'en 1627 il écrivait à Catherine dePlawnitz, religieuse du couvent des dominicaines de Kronschwitz, dans le duché de Weimar, pour riposter à Catherine de Friesen, religieuse du même couvent et disciple de Luther 2. Et comment ce sermon parvint-il à Luther ? Il fut pris, nous dit-il, sous forme de notes fragmentaires, pendant que Rab prêchait 3. Mais par quiP Naturellement par un ami de Luther, qui lui communiqua ces notes. Or, il saute aux yeux que les amis de Luther ne peuvent pas inspirer plus de confiance que lui. Dès lors, on comprend sans peine comment ce sermon a pu s'adapter si exactement aux observations et invectives de Luther. A ces religieuses, en particulier à celle qui faisait profession, le prédicateur commence par
1. Une édition princeps s'en trouve à la Vaticane, Pal. IV, 121, avec ce titre : Exemplum theologix et doctrinx papisticœ. On le trouve aussi dans Op. lat., var. arg., VII, 31, avec la fausse date de iBaS. Le sermon commence ainsi : Incipit sernio eximii magistri nostri I. (au lieu de H) R. provincialis Ord. Preedicatorum.
2. Publiée dans Fortgesetzte Sammlang von Alten und Neuen theologischea Sachen auf dos Jahr 1731 (Leipzig), p, 700 et suiv. Désormais il se trouve aussi en partie dans Paulus, ouv. cité, p. 12 et suiv.
3. <c Sermo... frustillatim... ex ore dicentis excerptus ». Opéra latina varii arg., VII, a3.
l6 SENS DU (( BAPTÊME MONASTIQUE »
citer un texte de la Politique (I'Aristote. Puis il leur dit : (( Il est fort bon d'offrir à Dieu des biens temporels pour élever des églises, etc., car, par là, l'on espère obtenir la rémission de ses péchés ; mais il est mieux d'ojfrir son âme à Dieu, par son libre arbitre et sa propre volonté, comme le fait le religieux, qui par ce moyen obtient la pleine rémission de ce qu'il doit à Dieu, comme s'il recevait le baptême i, » etc. Et ainsi de suite, tout comme si le sermon avait été fait en vue des remarques de Luther: nous n'avons donc pas besoin du Christ, ni de la foi, ni d'aucune grâce, mais seulement de nos œuvres personnelles ; en comparaison, de ces offrandes, le baptême et la croyance à Jésus- Christ ne sont rien ; ce n'est pas par le Christ, mais par le reniement du Christ et par les œuvres personnelles que l'on peut espérer la rémission des péchés, etc.
Si Luther et les siens n'ont pas fabriqué ce sermon de toutes pièces, est-il du moins invraisemblable qu'ils en aient falsifié quelques passages 2 ? De ce nombre
I. «... qui offert Deo animam per iiberum arbitrium et pro priam voluntatem, sicut facit religiosus, qui per hoc consequitur plenarium remissionem, quasi susciperet baptismum ».
a. 11 est à noter aussi que Luther ne donne que les lettres initiales d'Hermann Rab, et même avec quelque inexactitude. Pourquoi tant de mystère? On sait assez que ce n'est pas là son habitude. Dans sa préface, il supprime même les lettres initiales et il dit que le sermon est « a qaodam magni nominis dominicastro in cœnobio qaodam hujus regionis miserrimis illis puellis, quas nonnas vocamus, non multo ahte Ijos dies praedicatus ad commendandum nonnarum institutum ». Ainsi, contre l'habitude de Luther quand il dit des injures, le monastère lui non plus n'est pas même nommé.