YERTUS ORGUEILLEUSES DES RELIGIEUX I
si loin dans ce genre de descriptions que Ton serait en droit d'en conclure qu'à cette époque les moines, presque sans exception, veillaient nuit et jour, se mortifiaient, abrégeaient leurs jours à force de jeûnes, priaient assidûment, encore que sans penser à ce qu'ils disaient, étaient constamment occupés à des bonnes œuvres, dans l'unique pensée d'apaiser la sévérité du souverain Juge. Toutes les fois qu'il parle de la sainteté des papistes par les œuvres, c'est-à-dire un nombre de fois incalculable, on épouve toujours cette même impression. Je me borne à donner ici quelques citations.
(( Ce n'est pas pour ruiner les âmes et les corps que Jésus-Christ est venu ^ mais au contraire pour leur venir en aide. Il n'y a donc pas de raison pour un
œuvres. Quand il fut vicaire d'un district de onze monastères (i5i5-i5i8), il se servit de son autorité pour les mettre à l'écart, çt accentua ainsi le relâchement de son ordre.
Grisar attache une très grande importance à ces dissensions pour expliquer l'aversion de Luther contre les œuvres. C'est peutêtre le point le plus nouveau de son travail, celui aussi sur lequel, dans les premiers chapitres, il revient avec le plus d'insistance (voir, par exemple, p. 21-29, ^o ^^ suiv., 116-117, i58-i6i, 212-217 ; — de même, t. III, p. 961-976).
Ces dissensions peuvent*servir à expliquer, en effet, la rapidité avec laquelle Luther a accentué sa lutte contre les œuvres pour se tourner exclusivement vers la foi ou confiance en Dieu. Mais, par dessous cette lutte, il reste toujours un point plus important encore ; si tout-à-coup Luther s'est tourné contre les Observants, s'il les a poursuivis avec âpreté, c'est qu'il y était porté par ses disj)ositiûns intimes, par sa nature et les défauts qui s'y étaient ajoutés. C'est ce point plus fondamental que Denifle a mis en lumière. Tout en le présentant avec plus de ménagement, en étant mr;ins dur pour Luther, Grisar, du reste, ne songe pas à le Rier. (N. de T.).