I. Erl., 2, 464 (i
chartreux de se tuer de jeûnes et de prières. Assurément, le corps doit s'occuper, être assujéti au travail et ne pas rester oisif ; encore faut il toutefois que cette activité ne ruine pas la santé. Celui qui nuit à sa santé et meurt avant le temps commet un suicide ; et sous le papisme, c'est là qu'en sont arrivés quantité de moines dans les couvents : ils se sont épuisés par trop de prières, déjeunes, de chants, de veilles, de mortifications, de lectures, de nuits passées sur une couche dure. Garde-toi de tout cela comme d'un énorme péché mortel... Dieu n'est pas un assassin comme le diable, qui rôde autour de ceux qui mettent la sainteté dans les œuvres, pour les pousser à se tuer par les jeûnes, les prières et les veilles. Lui-même se mettait au nombre de ces moines pieux et stricts, « qui prenaient les choses au sérieux, se donnaient beaucoup de mal, et se faisaient souffrir^. » D'après lui, le propre du moine était précisément de se mortifier jour et nuit : u II est triste de penser que le moine, qui jour et nuit n'est occupé qu'à châtier son corps, ne réussira qu'à se jeter dans l'enfer 2. )) (( Dans la funeste vie des cloîtres, on jeûne, on célèbre des fêtes, on est mal couché, on s'impose des veilles, on garde le silence, on porte des habits grossiers, on se fait raser les cheveux, on s'enferme et on ne se marie pas; et de tout cela, rien n'a été commandé par Dieu 3. » Par là, nous abandonnons la