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LA SAINTETÉ MONASTIQUE PAR LES ŒUVRES l83
est un bien : par le verset 20 du chapitre V de l'épître aux Galates (où saint Paul range les sectes parmi les œuvres de la chair) « Paul condamne tous les ordres religieux et tous les cultes particuliers, la continence, la prétendue convenance des actions et la sainte vie de tous les papistes et sectaires ^ » etc. Voilà ce que dans le papisme pas un théologien n'avait compris. Evidemment non ; car au verset 28 du même chapitre, le théologien catholique trouvait parmi les fruits de l'esprit, la continence, la chasteté et la modestie; au verset suivant, il lisait que ceux qui sont au Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et sesconvoitises^; et chez Luther et ses disciples, ce théologien découvrait tout le contraire : des vœux à violer pour être agréable à la chair.
Voici donc qui est contre la sainte doctrine : « Si tu veux être sauvé, embrasse tel état, tel ordre; accomplis telle ou telle œuvre. C'est ainsi qu'ils tirent le peuple hors de la foi pour le jeter sur les œuvres ; ils proclament bien que le Christ est le Seigneur, mais en
I. In Gai., éd. Irmischer, III, ^7 (i535) : « Certe nullus theologus in papatu intellexit, Paulum hoc loco damnare omnes cultus et religiones, continentiam et in speciem honestam conversationem et sanctam vilam omnium papistarum et seclariorum ».
a. « Le fruit de l'Esprit, au contraire, c'est la charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance. Contre de pareils fruits, il n'y a pas de loi. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. Si nous vivons par l'esprit, marchons aussi par l'esprit. » Gai., V, aa-aS.
La Vulgate ajoute la longanimité, la modestie, et la chasteté, et elle met continence au lieu de tempérance.
C'est évidemment de la Vulgate que Denîfle s'inspire(N. d. T.).
lS4 LUTHER INSPIRE LA HA.INE DES RELIGIEUX
fait ils le renient, car ils n'ont pas un mot pour rappeler que c'est lui seul qui, par miséricorde, remet les péchés, délivre de la mort et de l'enfer ; ils disent au contraire: parcesordres, par tellesou telles œuvres, on doit expier ses péchés, satisfaire pour eux et obtenir la grâce. C'est absolument comme si tu disais : a Le Christ ne l'a pas fait, il n'est pas le Rédempteur, sa passion et sa mort ne. sont d'aucun secours. » Car, si ce sont là les fruits de tes œuvres, lui n'a rien à produire par son sang et par sa mort : nécessairement, l'un des deux doit être inutile *. » Autant de mensonges que de mots ! Chez les papistes et les moines, écrit-il de nouveau, les œuvres seules étaient tout; « ils foulent aux pieds le sang du Christ; ils confondent le Christ avec les larrons ; ils disent : « Le sang du Christ ne me suffit pas, je veux aller au ciel par une voie meilleure 2. » a Personne n'a dit : « Si tu as péché, crois au Christ )) ; mais nous étions simplement renvoyés à nos propres œuvres 3. » « Les religieux ignorent totalement qu'en se donnant à François ou à Dominique, ils s'éloignent de Dieu et détruisent l'alliance du baptême; sans quoi, ils feraient pénitence*. » Dès lors, si à la fin de leur vie François et
1. Erl., ili, 877(1 525). Cf. aussi 43, 75-76 (i532), 0pp. exeg. lat., XXIII, /i4-45 (vers iSaS, édité en i532). On avait attribué aussi au froc le pouvoir de justifier : voir ci-dessus, I, p. 370-272, et 0pp. exeg. lat.tloc, cit., p. 10; Erl., 25, 337-338 (lôSg), etc.
2. « Conculcant sanguinem et repu tan* Christum inter sceleratos, i. e. Christus non est satis cum suo sanguine, meliore via eam ad cœlum ». Weim., XX, 670, i5 (1527).