MENSONGE DE LUTHER
Dans un sermon de î54o, il attribue cette formule monastique de l'absolution à ces « têtes-pelées de déchaussés)), u Voici, dit-il, leur absolution, comme on peut du reste s'en convaincre par les lettres qu'ils vendent pour vanter leur confraternité : « Que le mérite de la passion de Jésus-Christ, les mérites de Marie, la Vierge sainte, et de tous les saints ; le mérite de cet ordre dur et austère, l'humilité de ta confession, le repentir de ton cœur et toutes les bonnes œuvres que tu as faites ou feras, te soient attribués pour la rémission de tes péchés et pour la vie éternelle, etc. » Ce n'est là, ajoute-t-il, qu'une horrible injure faite au Christ, et une déformation de l'absolution véritable ; car on y parle bien de sa passion, mais c'est uniquement pour la forme ; on ne la considère pas comme assez bonne et assez puissante pour la rémission des péchés ; Il faut y ajouter les mérites de Marie, de tous les saints et, par-dessus tout, ceux de leur ordre et moinerie, et les égaler aux mérites du Christ* » Quelle est donc la vraie formule de l'absolution? Luther poursuit : « Pour que l'absolution soit réelle et valide, elle doit émaner du commandement du Christ, et être ainsi conçue : « Je f absous de tes péchés, non pas en mon nom, ni au nom de quelque saint que ce soit, ou à cause d'un mérite humain, mais au nom du Christ et en vertu de son commandement qui m'a ordonné de te dire que tes péchés doivent t'être remis », etc. C'est le Christ lui-même qui absout j^ar la bouche du prêtre.
i. Ed., u, 36ï-362 (1540).
l88 LA FORMULE MONASTIQUE DE l' ABSOLUTION
Mais où avait-il pris la vraie formule de l'absolution : « Je t'absous de tes péchés ^. » Précisément dans VEglise et par l'entremise de son ordre ; car la formule d'absolution en usage était partout subtantiellement la même : après la récitation d'une invocation prise de la fm du Confiteor (Misereatur et Indalgentiam), elle était conçue en ces termes : « Que notre Seigneur Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, daigne t'absoudre par sa grande miséricorde ; et, en vertu de son autorité, je t'absous de tous tes péchés (afin qu'ici et au tribunal du Christ, tu sois absous, que tu aies la vie éternelle et que tu vives dans les siècles des siècles), au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » L'usage du clergé séculier était dans le même sens, de même que l'enseignement des théologiens avant Luther 2. Parmi les