Formula absolutionis plenarie
2. La formule commence ainsi : «Auctoritate Dei et beatorum apostolorum Pétri et Pauli et sancte Romane ecclesie, et auctoritate mihi concessa le absolvo a sententia excommunicationls », etc. Voici la partie relative aux péchés : « Et auctoritate sacro ordini indulta et mihi commissa te absolvo ab omnibus peccatis tuis contritis, confessis et oblitis, quorum memoriam non habes et que prétexta istias indulgentie non commisisti. » (Remarquer en passant cette clause si intéressante et à opposer à ceux qui disent que l'indulgence n'a fait que porter les gens à pécher plus facilement). Vient ensuite la collation de l'indulgence plénière.
192 LA FORMULE MONASTIQUE DE l'aBSOLUTION
VU, Luther lui-même a maintenu la formule catho« lique ou monastique de l'absolution : « Moi, en tant que c\\vè,parson commandement (le commandement de Dieu) j'absous de tous leurs péchés tous ceux qui sont ici présents et écoutent la parole de Dieu, et qui, avec une sincère contrition de leurs péchés, croient en notre Seigneur Jésus-Christ ; au nom du Père, » etc. ^.
Quelle est donc le sens de la « formule monastique d'absolution », rapportée par Luther ? Le père de la (( Réforme évangélique » a fait peu loyalement passer pour la formule de l'absolution un supplément absolument accessoire, et qui n*a rien à voir avec VabsO' lution. Je dis « peu loyalement » car, non seulement à cause (( de sa merveilleuse formation théologique 2, » mais simplement comme ermite de saint Augustin, il devait savoir : 1° qu'en beaucoup d'endroits, ce supplément n'avait pas été introduit, et que généralement il n'était pas prescrit ; que l'emploi en était laissé à la discrétion de chaque confesseur, si bien qu'il n'en existait pas même de formule fixe ; 2° que ce supplément l| n'était pas monastique, mais qu'il était tout aussi bien employé par des prêtres séculiers, naturellement avec les modifications nécessaires ; 3°, et c'est ici le point
qui ne doit pas nous occuper ici, mais qui trouvera place à un autre endroit. Voir le bréviaire des ermites de saint Augustin, dont il vient d'être question, fol. /iSA*".
I. De Wette, VI, 2^5 (i5/io). Déjà dans le Petit catéchisme il prescrivait la formule suivante : « Moi, par le commandement de Notre Seigneur Jésus-Christ, je te remets tes péchés au nom du Père », etc. Erl. ai, 19 (iBag).
a. Ci-dessus, p. 69.
SENS DE LA. FORMULE MONASTIQUE IqS
capital, que ce supplément ne regardait pas l'absolution des péchés, mais la satisfaction, et qu'ainsi il s'ajoutait à la pénitence imposée, comme l'enseignait saint Thomas, et avec lui tous les autres théologiens i. En quelques contrées, ce point était même expressément indiqué 2.
Et maintenant, quelles seront les expressions assez fortes pour stigmatiser l'imposture et la falsification du père de la « Réforme évangélique » ? Il faut lui appliquer ce qu'il dit des papistes à propos de la (( formule monastique de l'absolution » : « Ce n'est pas par un mouvement du Saint-Esprit qu'ils agissent
1. Dans Quoi. III, qu. i3, a. i, Ulrum satisfactio universaliter injuncla û sacerdote sit sacramentalis, il écrit : « Sacerdos injungat pœnitenli aliquid, quod pœnitens tolerabiliter ferat, ex cujus impletione assuefiat ut majora impleat, quœ etiam sacerdos sibi injungere non attentasset. Et hopc, qiire prœter injunctionem expressam (pœnitens) facit, accipiunt majorera vim expiationis culpaî praeteritaî ex illa gênerait iniunctione, qua sacerdos dicit : « Quidquid boni feceris, sit tibi in remissionem peccatorum. » Unde laudabiliter consiievit hoc a multis sacerdotlbus dici, licet non habeat majorera vira ad prœbendum reraedium contra culpam futuram. Et quantum ad hoc talis satisfactio est sacraraentalis, in quantura virtute claviura est culpae coramissae expiativa, » Nider s'exprime de la même manière (Manuale conf essor nm, loc. cit.) : « Ultimo potest (confessoi') addere sic : « Meritum domini nostri Jesu Christi », etc., quia ex ista additione, dicunt doctores, quod omnia in tali additione inclusa majorera efïicaciara habebunt satisfaciendi pro peccatis, » etc. La Summa Angelica, œuvre franciscaine, en appelle à S* Thomas. Cajet.vn loue ceux qui récitent ce supplément.
2. Voici, par exemple, ce qu'écrit André d'Escobar, ioc. cit. i « Ipsa passio domini nostri Jesu Christi, et mérita omnium sanctoram, et passiones sanctorura martyrum... et opéra miseridiac quœ fecisti et facis... totum tibi confero in satisfactioneni hujus penitentie tibi per me injuncte et ad profectum et auxilium remissionîs omnium peccatorum tuorura », etc.
igi LA FORMULE MO>ASTIQUE DE L*ABSOLUTION
ainsi ; c'est par un mouvement de leur propre esprit et du démon, qui est le père et l'auteur de ces doctrines mensongères *. »
Pour Luther, aucun moyen n'était trop mauvais quand il s'agissait de jeter le mépris sur l'Eglise et ses moines. A l'antécédent qu'il a inventé [que par le culte des œuvres on renie Jésus-Christ], correspond ce conséquent que les moines et les papistes ne s'appuient que sur leurs œuvres. Pour arriver à celte conclusion, il ne craint pas de se peindre lui-même, pour l'époque de sa vie monastique, comme le plus grand des ignorants ; à cette époque, prétend-il, il regardait le Christ comme un juge qu'il fallait apaiser par l'observance de la règle ; c'est pourquoi, à la fm de ses prières, ou après avoir dit la messe, il avait l'habitude d'ajouter : « Seigneur Jésus, faites, je vous en prie, que les rigueurs de mon ordre me soient une compensation pour mes péchés -. )> Mais nous reviendrons sur celte question dans la seconde partie, où nous donnerons un exposé de la doctrine de l'Eglise catholique et de celle de Luther sur les bonnes œuvres.
Et que dire du « Vieux Maître » des biographes de Luther, de Kostlin, qui croit son « Père » sur parole, et qui écrit : u Luther nous a conservé une formule d'absolution usitée chez les moines )> ; il traduit celte formule en allemand et il fait cette remarque : « Ainsi, la rémission des péchés qui devait être fondée sur la réconciliation par le Christ, était donnée, en ces termes