MAUVAISE CONDUITE DES RELIGIEUX APOSTATS I
mîers religieux passés à Luther se comportèrent ensuite beaucoup plus mal qu'auparavant *. Schwenckfeld les appelai tune masse de fous furieux et d'insensés, autrefois retenus à la chaîne et maintenant mis en liberté ^ ; et les gémissements de Luther à son ami Mathesius étaient dans le même sens : « Les siens eux-mêmes, disait-il, le contraindraient de demander à l'électeur une tour pour les prêtres, où l'on pourrait mettre comme dans une prison cette race sauvage et mal apprivoisée... Tous ceux qui étaient entrés au couventpar gourmandise et par paresse en sortaient par amour de la liberté et de la chair. De ceux qu'il connaissait, iln'y en avait qu'un petit nombre à être devenus des hommes nouveaux en quittant leur monastère ^. » Mathesius, l'aveugle panégyriste de Luther^ a été forcé de reconnaître la vérité de ces paroles. « Beaucoup des nôtres, avoue-t-il, suscitent du scandale par leur vie licencieuse et leurs mauvaises doctrines. Depuis que l'Evangile les a délivrés du joug du pape, ils abusent de la liberté chrétienne et vivent dans le désordre ; ils accumulent querelle sur querelle, abandonnent l'étude, ne s'adonnent qu'à la honte et au vice, dénigrent l'autorité et ne savent que déblatérer contre les moines et les religieuses, à quoi le vulgaire prête volontiers l'oreille *. »