Enders, III, SaS
2, I Cor. Il, 20. «Non enim in scrmone est regnum Dei, scd in virtute. » Au sujet de cette citation de Luther, Enders fait cette remarque significative : a Naturellement [Luther ici] est iro nique. » (P. 32 A, n. 5). Quand leur a Père » leur crée des embarras, alors, par une échappatoire facile, les écrivains protestants disent qu'il plaisante.
lES AUGUSTINS APOSTATS 109
D'ailleurs, il était facile de voir que la société nou-' voile devait aller plus mal que l'ancienne. Les transfuges des cloîtres et du clergé séculier, apôtres de Luther, étaient précisément ceux qui, sous le régime papal, avaient discrédité la vie monacale etle sacerdoce séculier, et cela surtout par leur immoralité. Donnons-en un seul exemple, pris de la congrégation religieuse à laquelle appartenait Luther et qui, à part quelques exceptions, s'était totalement dissoute pour se jeter dans ses bras. L'humaniste Jean Lang avait d'abord été prieur des ermites de saint Augustin à Erfurt, puis en i5i8 successeur de Luther comme vicaire d'un district de onze couvents dont par là même aussi il était le visiteur. Au commencement de 1622, il se rangeait du côté de Luther, et, en i52 5, il disait dans un sermon : « Si sur les moines et les religieuses le pape, les princes, les magistrats savaient seulement la dixième partie de ce que je sais, ils n'auraient pas de repos qu'ils ne fussent parvenus à faire sortir les leurs des murs des couvents 2. » Je remarque d'abord incidemment que par ces paroles, ce triste personnage s'est rendu coupable du plus honteux des abus de confiance, ce qui n'a rien pour nous étonner de la part de celui qui avait enfreint ses vœux. « Gomment sais-tu cela? lui demandait son ex-confrère Usingen, qui en un
1. Surtout si l'on y ajoute le verset précédent : « J'irai bientôt chez vous... et jo prendrai connaissance non des paroles de ceux qui se sont enflés, mais de ce qu'ils peuvent faire. » (I Cor. 4, 19).
2. Sermo in nupciis Culsameri sacerdotis anno 1525, 2* feria domU nice qua legitur in ecclesia Evangelium : Nupcie fade sunt. Ce sermon est analysé par Usingen dans l'ouvrage que je cite à la note suivante.
temps l'avait tiré d'embarras, comment sais-tu cela? sinon parce que tu as été dans notre ordre le pasteur et le visiteur du troupeau du Christ? En toute bonne foi, on t'avait confié des faiblesses pour que tu y portes remède, et non pour que tu les étales au grand jour et que tu fasses œuvre de traître. Comme un mauvais pasteur, sans y être invité, tu dis du mal du troupeau qui t'avait été confié^. » Mais les apôtres de Luther étaient ainsi faits que tout leur paraissait bon, quand il s'agissait de dénigrer les religieux et de se donner euxmêmes, en parfaits pharisiens, comme un baume odoriférant, selon le mot du Luther d'autrefois 2. Puis, Usingen met à nu l'hypocrisie de Lang en lui portant ce coup droit : « Et que penses-tu que diraient le pape, les princes et les magistrats, s'ils savaient ce que tes frères savent de toi? Eux pourtant ils se taisent, comme il convient^. »
Cette violation du secret professionnel, dont Lang s'est rendu coupable, nous dévoile toutefois l'état moral de son ordre avant qu'il se donnât à Luther. Cette impression est renforcée par les actes du chapitre des] augustins, qui se tint à Grimma le 8 juin 1622, sous laj présidence du vicaire du district, Wenzel Link. L'une I des décisions est ainsi conçue : « En cherchant des res-| sources dans la vente des messes, en recueillant des au-j mônes par des impostures et des niaiseries, nous estimons plus les fromages que les âmes. Nous vivons dans l'ivrognerie et dans l'oisiveté, sans nous occuper de l'Ecrirl
1. Libellas de falsis prophetis... (Erphurditê ibab), fol. K.