I. W. Reindell, Wenzel Links Werke (Marbourg, 1894)» I, 3o
a. Weim., VIJI, aiS (i5ai).
3. Enders, II, 829 : « Je puis nier que je ne sois plus violent qu'Une \ convient ; puisque mes adversaires le savent, ils ne devaient pas f exciter le chien ». Ibid., p. 4G3 : « Presque tous condamnent mon ton mordant ».
CONTRADICTION ET DELOYAUTE 2 25
la foi et dans la charité (c'est-à-dire la charité envers le prochain). Laisse-nous faire deux années encore, et tu verras où en seront pape, évêques, cardinaux, prêtres, moines, cloches, clochers, messes, vigiles, tuniques, frocs, tonsures, règles, statuts, et tous les viscères et tous les vers ^ de l'administration papiste. Tout cela s'évanouira comme l'ombre.., Vois tout ce qui a été fait dans cette seule année ; nous y avons inculqué et écrit ces vérités; pour les papistes, la couverture est devenue terriblement courte et étroite ^. »
Et voici maintenant ce que le même Luther écrivait la même année : « Que chacun ait soin de ne pas oublier la charité envers ses ennemis ; qu'il prie pour celui qui le persécute et le diffame, et, comme nous l'enseigne le Christ, qu'il n'aspire pas à la vengeance 3. Car ces malheureux sont déjà trop punis et nous sommes par trop vengés ; il est temps que nous nous placions pour eux devant Dieu afin d'essayer d'éloigner d'eux les peines et le jugement suspendus sur leurs têtes; nous imiterons ainsi ce que le Christ a fait pour nous, puisque nous aussi, nous avons péché par aveuglement^. »
Quelques mois avant ces recommandations hypocrites, il s'exclamait tout triomphant, en parlant de la
I. « Daz ganze Geschwûrm und Gewûrm ». Pour un Allemand, une allitération de ce genre « vaut seule un long poème » Mais c'est pour garder l'allitération que nous avons traduit Geschwiirm par viscères; ce mot signifie : bande, essaim (N. d. T.).
a. Treue Vermahnung za allen Christen. Weim., VIII, 682-688
3. Matth., 17 [Sicl référence inexacte de l'édition des œuvres de Luther, car le ch. xvii de saint Matthieu ne contient rien à ce sujet].
A. Von beiderlei Gestalt des Sakraments, Erl., a8, 817.
papauté : « Elle crie déjà « Eli, Eli », elle est frappée et bientôt l'on dira : « Elle a vécu ^. )) Et conformément à ce cri de joie, voici comment la même année il apostrophait les papistes : « Plus vous vous irritez, plus vous vous démenez, et plus aussi. Dieu aidant, nous vous regarderons avec hauteur, plus nous mépriserons votre courroux... Que ce soit ici mon dernier mot : Si je vis, vous n'aurez pas de moi la paix; si je meurs, vous aurez dix fois moins la paix ; comme le dit Osée 2, je veux être pour vous un ours sur votre route et un lion dans votre sentier 3. )>
Dès lors, par une conséquence naturelle, Luther désira la disparition de tous les couvents, et il y travailla avec ardeur. Parfois, il exprima le désir de voir cette disparition s'accomplir sans violence, par la seule force de sa théorie sur la justification. Si la justification par la foi est seule enseignée, écrit-il en 1627, « alors la papauté avec tous les couvents et tous les cultes particuliers tombera facilement, sans l'intervention d'aucune force armée* ». Il se repaissait de ce mensonge, lui et les siens, que « sans s'appuyer sur la parole de Dieu, le pape instituait de nouveaux ordres, ^de nouveaux genres de vie auxquels il attribuait la même valeur
I, Weim., VIII, 68/i (i5aa).
a. Osée, i3, 8.
3. Wider den falsch genannten geistlichen Stand. Erl,, 38, liiS; ï[^l^. [Weim., X, p. II, io3, 5, 107, i.'i] (1522). Voir, en outre, ci-dessus, t. I, p. 3/j9, n. 2.
4. In ep. I. S. Joann, dans le Cod. Palat. L 1826, fol. lyS*. Il revient souvent sur celte idée ; on trouve aussi un passage semblable dans ses Propos de Table (i5/lo). Luthers Tischreden in der Mathesbchen Sammlung, éd. Kroker (Leipzig, ioo3), p. a 36, n" k^^