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IL FAUT DETRUIRE TOUTES LES EGLISES

qu'il ose écrire, lui, le grand séducteur de rAllemagnel C'était la même pensée civilisatrice que celle de l'incendiaire Sickingen dans Le nouveau Jacques Bonhomme^, Luther la partageait déjà en lôa i ; il prêchait alors qu'il y avait « beaucoup d'églises, mais pas de prédication selon Dieu » ; elles ne servaient qu'à hurler et à beugler, et par les nouvelles on ne faisait que remplacer inutilement les anciennes. « Donc il serait bon de démolir toutes les églises, et de tous les autels, de n'en faire qu'un seul ^ », etc. La révolte des paysans arrivée peu après, et qui devait son origine aux maximes et aux prédications de Luther sur la « liberté chrétienne » répondit aux désirs que lui et Sickingen avaient exprimés.

La même année (162 1), dans son jugement sur les vœux monastiques, il écrivait ces lignes plus significatives encore et qui vont complètement à notre sujet :

1. Dans le Neuer Karsthans (milieu de i52i), Sickingen dit : « Si l'on veut vraiment la réforme du clergé, il faut, comme on l'a fait en Bohême, démolir la plus grande partie des églises ; tant qu'elles existeront, elles seront toujours pour les prêtres un excitant à la cupidité ; si l'on n'enlève pas ces édifices superflus, et qu'on ne supprime tous les ordres monastiques, l'on ne pourra arracher du cœur du peuple les erreurs dans la foi ». Sghade, Satiren und Pas quille, aus der Reformationszeit, II, 87 [voir aussi, ci-dessus, p. 210],

2. Weim., IX, /i 10-41 ï. Ce point de vue civilisateur qu'avaient Luther et l'incendiaire Sickingen était aussi celui des autres (( Evangéliques », par ex. du franciscain apostat Eberlin de Gûnz- BOURG ; en vrai précurseur d-is jacobins, il demandait au conseil d'Ulm d'abattre toutes les églises et d'en employer le matériel à construire des hôpitaux et des maisons ; il fallait abattre aussi la magnifique cathédrale pour construire à la place une église plus simple. Joh. Eberlin von Gûnzburg, Sàmtl. Schriften, éd. Enders, III, 21. Cf. Ràdkofer, Joh. Eberlin von GUnzburg, p. 98, io4«

aSd HAINE DE LUTHER CONTRE LES RELIGIEUX

« Ne serait-ce que pour cette seule abomination (l'atteinte à l'amour filial de la part des religieux), j'appelle de mes vœux le jour où tous les monastères seront arrachés, détruits et abolis, puisque [malheureusement] ils subsistent encore. Plaise à Dieu d'envoyer sur eux la pluie de soufre et de feu qui consuma Sodome et Gomorrhe, et de les précijîiter au fond de la mer, afin qu'il en périsse jusqu'à la mémoire ^. »

En 1629 il fait la même déclaration : « Nous devons détruire l'idolâtrie du pape, le faux culte de Dieu et les abus. )) Avec la papauté, il faut en user comme Moïse avec le veau d'or; « nous devons la réduire en poudre. Dieu est si fortement l'ennemi de ce culte (qu'on lui rend dans le papisme), qu'il ne veut pas qu'il en reste la moindre poussière - ». « Chapitres et monastères », écrit-il l'année suivante, « doivent être mis en pièces et jetés à terre 3 ». En i53i, empereurs, rois, papes et pa* pistes, il appelle sur leurs têtes à tous le feu de l'enfer ; ou encore que la papauté avec toute sa clique s'en aille dans I abîme infernal. En i53a : « Oh! combien n'ai-je pas à prêcher et à parler encore pour arriver à persuader que le pape avec sa triple couronne, et toute sa suite, cardinaux, évêques, prêtres et moines... s'en aillent enfin au diable ^. » Mais deux ans après, voici réapparaître le doux, l'innocent agneau : « En vérité, je n'ai jamais souhaité ni fait de mal aux papistes ; je ,

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