Ibid., VII, 72-73 (i5Ao-i54i
BUT ERRONÉ Qu'iL S*Y SERAIT PROPOSÉ 245
te rendre Dieu favorable ? Voilà les pensées qui m'ont conduit dans le cloître, qui m'ont poussé à me martyriser, à me torturer par les jeûnes, par le froid et par une vie d'austérités. Et tout cela n'a abouti qu'à me faire perdre mon saint baptême et même à me le faire renier ^ » .
C'est là la manière habituelle dont Luther parle de ses mortifications et de ses pénitences dans le cloître; souvent encore, nous aurons l'occasion de l'entendre s'exprimer dans le même sens ^. Toutefois, il est très remarquable qu'il ne commence à parler de ce sujet qu'à partir de 1530. Avant cette époque, assurément, il parle bien des mortifications et des jeûnes des papistes et des moines ; il rappelle aussi les œuvres qu'il a lui-même inutilement pratiquées au couvent ; mais sur ses mortifications personnelles, ce n'est pas assez dire qu'il est très réservé : il garde un silence absolu. Pourquoi ce silence ? Avant de chercher à à l'expliquer, nous allons mettre les affirmations de Luther sur ses mortifications passées en regard de la sévérité de son ordre, en regard de la doctrine catholique et de ses propres idées d'autrefois.
Si. — Les affirmations de Luther sur ses mortifications dans le cloître jugées d'après l'austérité de son ordre.
({ J'ai été moine pendant vingt ans, écrit Luther à plusieurs reprises, et je me suis tellement martyrisé