Voir, ci dessus, l. I, p, Ga
248 l'austérité de l'ordre de LUTHER
« au point d'en mourir s'il eût continué plus longtemps 1 )). Et que se proposait-il par ces épouvantables mortifications ? Nous le savons déjà : il voulait acquérir la certitude que ses péchés lui étaient pardonnés, et apaiser la sévérité du souverain Juge 2. « Par mes œuvres, je visais en toute sincérité à acquérir la justice 3 » ; dans le cloître, lui et d'autres s'étaient rendu la vie « amère » ; ils s'étaient « poursuivis et exténués. (Par là), ils avaient voulu en arriver à conquérir le Christ et parvenir à la félicité éternelle. A quoi étaient-ils parvenus ? Avaient-ils trouvé le Christ ^? » Or, depuis quand Luther estime-t-il que ce n'est pas en considération de nos œuvres personnelles, quelles qu'elles soient, mais par pure grâce, sans mérite aucun de notre part que Dieu nous accorde la rémission de nos péchés et de ce qui s'y rattache i^ Harnack va nous répondre : « Aussi loin que nous pouvons remonter dans la pensée de Luther, c'est-à-dire, jusqu'aux premières années de ses fonctions universitaires à Wittenherg, nous constatons que pour lui la grâce de Dieu c'est la rémission des péchés, rémission que Dieu nous accorde sans mérite de notre part^. » Harnack a parfaitement raison. Cette idée, nous la rencontrons déjà dans des notes marginales sur les Sentences de Pierre Lombard, qu'il écrivit en i5io, lors de son séjour à Erfurt ; elle est plus accusée dans ses Dictées sur le