CASSIEN. S. BASILE. S. BENOIT. S. JEROME
trop : (( une abstinence exagérée produit de plus grands ravages que l'excès contraire. Par une componction salutaire, nous pouvons nous élever de ce dernier à une règle sévère, mais de Vautre, non^. )> Dans la pratique des mortifications, chacun doit tenir compte de « ce dont sont capables les forces de son corps et de son âge^ ».
Avant Gassien, l'austère saint Basile avait déjà affirmé les mêmes principes; il recommandait la prudence 3, sans laquelle tout ce qui semble bien se change en mal, parce qu'on le fait à contre-temps ou sans mesure*. Dans le même sens, le patriarche des moines d'Occident, saint Benoît, appelle la discrétion (( la mère des vertus, car en tout, elle nous apprend à garder la juste mesure^ ».
Saint JÉRÔME qui, comme on le sait, a pratiqué tous les genres de mortification, s'élève contre les jeûnes inconsidérés : « Je n'approuve pas, dit-il, surtout dans un âge tendre, ces jeûnes exagérés, se prolongeant pendant des semaines, et dans lesquels on s'interdit d'assaisonner les aliments avec de l'huile, et de manger des fruits. L'expérience m'a appris que lorsqu'il est fatigué de suivre la route, l'âne s'engage dans des chemins détournés ^ ». Par ces derniers mots, le reclus de Bethléem émet un principe général dont il se sert aussi ailleurs pour montrer le danger des exagérations