LES CHARTREUX. G. DE S. -THIERRY. S. THOMAS
des mortifications et des veilles de règle ; ce n'était que sur l'approbation du prieur qu'on en pouvait faire davantage ^
Guillaume de Saint-Thierry suit saint Bernard pas à pas^. (' Il faut, dit-il, châtier parfois notre corps, mais non le ruiner. Car les exercices du corps servent peu, mais la piété est utile à tout 3 ».
Dans son explication de ce même texte de saint Paul, saint Thomas enseigne que « de leur nature, l'exercice corporel du jeûne et autres mortifications semblables ne sont pas des biens, mais des peines : si l'homme n'avait pas péché, il n'y aurait eu rien de tout cela. Ces pratiques sont des biens médicinaux. De même que la rhubarbe est bienfaisante, parce qu'elle nous soulage de la bile, de même aussi ces exercices, en tant qu'ils compriment nos mauvais désirs^ ». Là se trouverait, en partie du moins, la raison pour laquelle Jésus-Christ ne pratiqua pas des mortifications et des jeûnes aussi rigoureux que ceux de saint Jean-Baptiste ^ : « Jésus-Christ nous a donné l'exemple de la
1. Statuta antiqua, 2" pars, c. i5, n. 26; Statuta Guigonis Carthusiani, c. 35 : « Abstinentias vero vel disciplinas vel vigilias seu quelibet alia religionis exercitia, que nostre institutionis non sunt, nulli nostrum nisi prlore sciente et favente facere licet. »
2. Ep. adfratr. de Monte Dei, I, c. 11, n. 82 (Migne, Patf\ lat., t. i8/i, c. 328).