‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 183 sur 312 · SUSO. TAULER. GERSON · texte numérisé non relu

SUSO. TAULER. GERSON

peut les supporter, les jeûnes et les veilles sont d'un très grand secours pour une vie en Dieu. Mais lorsqu'un homme est malade de la tête (dans ce pays-ci les gens ont des têtes bien faibles), et s'il sent qu'il écrase son corps et qu'il va le ruiner, qu'il s'arrête. Alors, quand même ce serait un jour où l'on devrait jeûner, prends la permission de ton confesseur ; et si [à cause des circonstances], tu ne pouvais demander cette permission, prends-la de Dieu, et mange quelque chose. Le lendemain, va trouver ton confesseur ou un prêtre, et dis-leur : « J'étais malade et j'ai mangé. » Et demande la permission pour la suite. La sainte Église n'a jamais voulu ni pencé qne Von se ruinât la santé^ )). Et, encore que, par exemple, il exhorte les religieuses à observer fidèlement toutes les prescriptions de leur ordre, il trouve cependant tout naturel « qu'une sœur âgée et malade ne jeûne ni ne veille, ou n'accomplisse pas des œuvres extérieures au-dessus de ses forces 2» . Ni l'Eglise, ni les ordres ne veulent ruirer la santé de personne ; au contraire, « tout ce dont vous a""ez raisonnablement et réellement besoin, que ce soit en habits ou en fourrures, et toute autre chose qui peut vous être nécessaire, Dieu et votre ordre vous l'acco dent volontiers ^ o. Gerson lui-même, en si haute estime auprès de Luther, et qui toutefois prend si énergiquement parti

1. Premier sermon pour le quatrième dimanche après la Tri* nité. [Ferdinand Vetter, Die Predigten Taulers (Berlin, 1910), p. i5o, 35]. Cf. rédition de Francfort (1864), II, iSS-iSg (texte défectueux).

a. Vetter, p. 269, 26; 270,6.

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