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CHAPITRE XII

LE ({ BAPTÊME MONASTIQUE )) DES CATHOLIQUES EST-IL UN RENIEMENT DU BAPTÊME DU CHRIST?

En rejetant sur Thomas d'Aquin la prétendue doctrine du Baptême monastique, le Réformateur manœuvrait avec beaucoup d'habileté : il savait fort bien qu'après saint Augustin, saint Thomas était le docteur le plus apprécié dans l'Eglise. Or, dès qu'il s'agissait de combattre l'Eglise, il ne reculait devant aucun moyen ; rien ne l'arrêtait donc quand il fallait jeter le mépris sur Thomas, encore qu'il ne le connût point, comme on le verra clairement au cours de cet ouvrage ^ Mais il n'a pas senti la nécessité de prouver l'exactitude de ses allégations, pas plus qu'il n'a jugé opportun de mieux s'instruire de la doctrine catholique : dispositions du reste fort naturelles chez celui qui, comme nous l'avons vu au chapitre VI, comptait le mensonge au nombre des moyens à employer pour atteindre son but.

I. Ci^après, t. fil, p. 79-2^5, etc. — Depuis l'apparition de l'ouvrage (Je Denifle, on est tombÎ! d'accord qu'en effet Luther ignorait i peu près complètement saint Thomas (N. d. T.).

MENSONGES DE LUTHER 3ï

Quand Luther vient nous affirmer * que, par Tintermédiaire des moines, la doctrine du baptême monastique est passée de saint Thomas dans tous les ordres, dans tous les couvents, dans le cœur de tous les moines, il ne mérite donc pas qu'on l'écoute. Mais lorsqu'il ajoute que cette doctrine a martyrisé nombre d'âmes, toute une vie durant, et que finalement, par la voie du désespoir, elle les a précipitées dans l'abîme de l'enfer, son assertion mérite examen, car le « baptême monastique » au sens catholique, c'est-à-dire la parfaite donation de soi à Dieu, le sacrifice intérieur sérieux et complet de soi-même à Dieu ne peut mettre personne à la torture, ni le jeter dans le désespoir ou le précipiter dans l'enfer. Il ne peut en être ainsi que ^i l'on s'est réservé quelque chose, comme la hauteur, l'orgueil, la fausseté, ou encore si peu à peu l'on est devenu infidèle à Dieu et qu'on lui ait repris ce qu'on lui avait sacrifié pour toujours. Qu'est-ce que Luther entend donc quand il parle du « baptême monastique » catholique ?

Tout ce qu'au chapitre précédent, nous avons remarqué dans ses notes sur le sermon d'Hermaan Rab, nous fait déjà pressentir qu'à ce u baptême monastique », il attache un sens absolument faux et même impie. Et il en est bien ainsi. Au fond, il y met la même idée qu'il suppose astucieusement dans toutes les bonnes œuvres, à savoir que par le péché l'on aurait perdu le baptême, et que par les œuvres il

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