Weim., VI, 2!\b
GRANDE UTILITÉ DES MORTIFICATIONS 28q
ment que, sans ruiner la vie du corps, on ne pourrait leur opposer une résistance suffisante ^ ». Et lorsqu'il enseigne que si les ardeurs de la chair cessent, le but des mortifications disparaît aussi, il ne manque pas cependant, et avec juste raison, de prémunir contre les ruses du vieil Adam, qui artificieusement demande grâce et « prétexte la ruine du corps et de l'esprit; quelques-uns donnent grossièrement dans le panneau et ils disent qu'il n'est pas absolument nécessaire ni prescrit de jeûner et de se mortifier; ils veulent pouvoir manger tout ce qu'ils désirent, tout comme si pendant longtemps ils avaient pratiqué le jeûne, alors même que pourtantilsn'ont jamaisessayédelefaire^ ».
Je laisse de côté d'autres passages du même genre, pour citer seulement ce que quelques mois avant son mariage, par conséquent de quatre à cinq ans après son apostasie, Luther écrivait contre les « prophètes célestes» : « La troisième chose est le jugement, c'est-àdire de tuer le vieil homme, comme il est dit dans l'Epître aux Romains 3. A cette classe appartiennent les œuvres et les souffrances jusqu'au martyre, alors que nous nous faisons violence à nous-mêmes, en jeûnant, en veillant et en priant, etc., ou que par des persécutions et humiliations venues du dehors nous mortifions notre chair * » .
Ainsi donc jusqu'à cette époque, et même après