‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 197 sur 312 · Erl., 2^, i4o (i524-i5a · texte numérisé non relu

Erl., 2^, i4o (i524-i5a

agO LES MORTIFIGATIOr^S DANS LUTHER AVANT l53o

i53o*, Luther témoigne en faveur de la rectitude de la doctrine catholique sur la nécessité relative des mortifications 1 C'est seulement peu à peu que nous l'entendons formuler le grief que sous le papisme les œuvres de pénitence auraient eu pour fin de trouver Dieu ou Jésus-Christ, d'apaiser la sévérité du souverain juge et d'obtenir la rémission des péchés. Auparavant il n'avait pas trouvé cette conception dans la doctrine catholique, dans les maîtres de la vie spirituelle ni dans les théologiens. Hugues de Saint-Cher, qu'il connaissait fort bien, parle au nom de tous, et même de Luther, lorsqu'il dit : w Dieu peut-il se réconcilier avec nous à cause des mortifications de l'homme extérieur? Non 2 1 )) Quand Luther entra au couvent d'Erfurt, cette doctrine était, depuis déjà plus de mille ans, devenue élémentaire dans toute la chrétienté. C'est pourquoi il n'ose attribuer à l'Eglise l'opinion contraire. Mais plus il s'approche du moment où il apostasiera, plus il lui fait un autre grief : celui d'avoir institué des jeûnes à jours fixes. Aussi exhortait-il les fidèles à ne pas obéir à TEgise, mais à s'en tenir à leurs propres idées 3.

I. Par exemple, Erl., i, io8 et suiv. (i53i); 19 (a* édit.), 4ao ; 0pp. exeg.. XI, 124 (vers i5/i5).

a. « Numquid placari potest Dominus in millibus arietum, i. e. macerando hominem exteriorem ? Non, sed per istud quod sequitur indicando tibi, o homo, quid sit bonum, » etc. In ep. ad Rom., c. 3 (,0pp., t. Vil, fol. a6*).

3. Ainsi, par exemple, en i52o, dans le sermon sur les bonnes œuvres, Weim., VI, 246, 3 : « C'est pourquoi je permets que pour jeûner chacun choisisse le jour qui lui convient, la nourriture et la quantité de nourriture qui lui plaît ; sans toutefois en arriver à délaisser le jeûne, mais en continuant de surveiller sa chair ; dans la mesure où elle est lascive et pétulante, on doit

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