SENS DE ROM. I, I
ccrit-il cinq ans plus tard, et entrer dans le ciel les portes grandes ouvertes... Ainsi ces paroles de saint Paul furent vraiment pour moi la porte du paradis* », Qui pourrait jamais croire que derrière cette assertion se cache un énorme mensonge? Ce n'est pourtant que la vérité : récemment, j'ai attiré l'attention sur un fait capital : depuis le quatrième siècle jusqu'à Luther, j'ai parcouru les commentaires, manuscrits et imprimés, de soixante écrivains de l'Eglise latine, afin de vérifier s'ils avaient véritablement compris et interprété le verset 17 du chapitre premier de l'Epître
etjustiliaDei, etc., obiterveniebat in mentem... justitiam Dei esse quœ nos justificaret et salvaret. Cette intuition m'a été donnée par l'Esprit Saint dans cette tour. » (Tagebuch iiber D' Martin Luther gefiïhrt von D' Conrad Cordatus, 1587, herausgegeben von H. Wrampelmeyer (Halle, i885), n° 1671. — «Cette intuition m'a été donnée par l'Esprit-Saint dans ces latrines, dans cette tour ». (Luther habitait toujours son ancien couvent: il devait sans doute montrer le lieu du doigt). Note de Kummer dans Lauterbachs Tagebuch, Dresde, 1872, p. Si. — Voir aussi un article du D'N.Paulus dans la Kôlnische Volkszeitung, 2 juillet 1905, et Grisar, Luther, I, 323-334. Nous avons vu plus haut jusqu'où pouvait aller la candeur des interprétations de Wrampelmeyer (ci-dessus, p. 129, i52); ici, malgré la note de Kummer, qui devait l'éclairer, il veut que la tour avec les cabinets soit la papauté! Pourquoi ne pas en appeler & l'Ecriture Sainte : « Spiritus ubi vult spiratl »
Kawerau estime que Luther avait trouvé cette doctrine avant i5i8-i5i9, avant même son Commentaire sur l'Epître aux Romains ! Pour l'endroit de l'illumination, il croit que Luther a désigné non les cabinets, mais un hypocaustum, et par cet hypocaustum il faudrait entendre une petite pièce chauffée qu'il avait à son usage outre sa cellule, et où il travaillait. (G. Kawerau, Luther in katholischer Beleuchtung. Glossen zu H. Grisars Luther, juin 191 1, p. 59-63). Les raisons que donne Kawerau sont plausibles. Toutefois, pourquoi le souvenir de cette illumination est-il presque toujours accompagné de la mention des latrines ? (N. d. T.).