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Omnipotens et misericors Deus

338 LES PRIÈRES DE l'ÉGLISÈ

miséricordes ^ )) ; pourquoi elle le reconnaît comme le (( Dieu de la miséricorde », le « Dieu de la clémence », le « Dieu de l'indulgence » 2. Et que de fois avec l'Eglise Luther n'a-t-il pas alors imploré ces miséricordes divines ! « Sois-nous propice ; épargne-nous, SeigneurI Sois-nous propice, exauce-nous. Seigneur », s'écriait-il dans les litanies des Saints, qu'il devait si souvent réciter. C'est à l'Eglise elle-même qu'il a emprunté ces expressions pour les transporter dans ses Litanies allemandes^, lui qui ne veut avoir connu que sur le tard un Dieu clément, et qui reproche calomnieusement à l'Eglise de ne prêcher qu'un Dieu irrité. « Que tu nous épargnes, que tu nous pardonnes : nous t*en prions, exauce-nous, etc. », avait-il encore répété dans ces mêmes litanies.

A l'époque dont nous nous sommes occupés dans les chapitres précédents, et où, en contradiction avec ses idées d'autrefois et la doctrine catholique, Luther nous parle de ses terribles pénitences dans le cloître et de ses vains efforts pour apaiser la sévérité du souverain Juge, nous l'entendons aussi, dans le même sens, tempêter contre a la fausse théologie » (la théologie papiste), d'après laquelle « Dieu est irrité contre ceux qui reconnaissent leurs fautes. Car un tel Dieu n'est ni

1. « Deus indulgentiaru m Domine »: collecte de la messe In anniversario defanctorum. Missel, fol. soi".

2. Pro seipso sacerdote (Secrète) : « Deus misericordiîE, Deu8 pietatis, Deus indulgentian, indulge qua-so et miserere mei ». Missel, folio asa*".

3. Erl., 56, 36o. — [Les pp. 289-870 de ce T. LVI contiennent les Cantiques spirituels (Geistliche Lieder) de Luther. A la p. 36o- S6a se trouvent les Litanies, allemandes : Die deatsche Litaney].

LUTHER APOSÏAT REPREND CES PRIERES 35g

au ciel, ni nulle part ailleurs, ce n'est qu'une idole d'un cœur mauvais. Le vrai Dieu dit plutôt: « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive » ^. Mais qui donc avait appris à Luther à connaître ce vrai Dieu? Ne serait-ce pas l'Eglise, dans le bréviaire de laquelle, depuis son entrée au couvent, il lisait ce magnifique répons du temps du Carême : « Je tomberais dans l'angoisse, si je ne connaissais ta miséricorde, Seigneur. Tu as dit : Je ne veux pas la mort du pécheur, mais plutôt sa conversion et sa vie ». Et comme preuve l'Eglise rappelle l'exemple de la Ghananéenne et du publicain^. Le vrai Dieu, il l'entendait encore parler de la même manière dans un répons du premier dimanche de Carême et dans l'antienne de Tierce pour toutes les fériés du carême. Devenu prêtre, il rencontra ces mêmes paroles du vrai Dieu au début des oraisons des messes Pour un ami pécheur. Pour toute tribulation, Pour le danger de mort et la

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