‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 239 sur 312 · ROM. I, 17 : AFFIRMATION MONSTRUEUSE DE LUTHER · texte numérisé non relu

ROM. I, 17 : AFFIRMATION MONSTRUEUSE DE LUTHER

Luther, n'a entendu ce passage de saint Paul dans le sens de la justice divine qui punit, dans le sens d'un Dieu irrité. Tous, au contraire, Font entendu de Dieu qui justifie, de la grâce de Dieu qui justifie, de la justice obtenue par la foi ^ Les théologiens protestants se trouvent donc en face de cette alternative : ou Luther n'a pas lu un seul des écrivains catholiques qui avaient interprété ce texte, et alors, il porte sur eux un jugement inconsidéré, en pleine ignorance de cause; ou ce dont il est assez coutumier, il a caché la vérité de propos délibéré 2.

Quelle que soit la conclusion qu'ils choisissent, il restera toujours que le sens des études sur Luther doit être complètement transformé. Car enfin, pour qui fait des recherches historiques, il y a une singulière différence entre avoir devant soi un auteur vraiment cons-

î. Il en est de même du verset 2 du psaume 70 : « In tua justitia libéra me : dans ta justice délivre-moi et sauve-moi » ; ce verset aurait épouvanté le Réformateur à cause de la justice vindicative à laquelle il lait penser. Or, aucun commentateur avant lui ne l'a ainsi interprété, ce qui d'ailleurs n'aurait absolument aucun sens.

2. On pourrait faire une troisième hypothèse : dans le feu de la lutte, Luther se serait ancré dans cette persuasion. On trouve des hommes passionnes et d'une imagination décevante qui peu à peu, souvent même par étapes rapides, en arrivent à tenir de bonne foi pour vrai ce que leur suggère l'esprit de contradiction ou le désir de se justifier et d'attirer la victoire à eux. Luther était de ceux-là. 11 y a là, sans doute, une raison de juger moins défavorablement un grand nombre de ses affirmations et de ses actes. Il pouvait même en arrivera être convaincu d'une idée qu'il avait envisagée autrefois sous un tout autre jour. Par là, du reste, nous ne prétendons pas innocenter une évolution qui, sous l'influence de la position, en vient ainsi à produire des convictions successives. (N. du P. Weiss).

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