Jac, I, i
2. In c. 5 ad Galat., III, ao (i535), édit. Irmischer : « Ego monachus putabam statim actum esse de salute mea, si quando sentiebam concupiscentiam carnis, hoc est malum motum, libidinem, iram, odium, invidiam, etc.. adversus aliquem fratrem. Tentabam multa, confitebar quotidie, etc. Sed nihil proficiebam, quia semper redibat concupiscentia carnis. Ideo non poteram acquiescere, sed perpetuo cruciabar his cogitationibus : « Hoc et illud peccatum commisisti », item : « Laboras invidia, impatientia etc. Frustra igitur ingressus es sacrum ordinem, et omnia bona opéra tua inutilia sunt ». Si tum intellexissem recte Pauli sentenlias : « Caro concupiscit adversus spiritum », etc., « hœc sibi invicem adversantur » etc., non usque adeo me alïlixissem, sed, ut hodie soleo, cogitassem : « Martine, tu non carebis prorsus peccato, quia carnem adhuc habes ; senties igitur certamen ipsius, juxta illud Pauli : « Caro resistit spiritui ». Ne io-itur despera sed reluctare, ne concupiscentiam ejus perficias, et tum non es sub lege ».
'6gO JUSTICE PROPRE Eï JUSTICE DU CHRIST
la loi ? Parce qu'il regarda la concupiscence elle-même comme coupable. EfTectivement, il adhéra à cette erreur, comme nous le verrons dans la suite ^. La concupiscence est un péché 2 : voilà sa thèse, et il la trouve dans saint Augustin ! Les docteurs qui ont fait consister la faute originelle dans la concupiscence, n'ont jamais regardé la concupiscence elle-même comme coupable ; ils se sont bornés à y rattacher le péché. Luther, lui, la regarde comme coupable, et dès lors, il n'en était que plus forcé de voir en elle le péché originel, et le péché originel qui demeure.
Comme nous allons le voir à l'instant, c'est bien là sa conclusion. Mais, dès lors, n'avons-nous pas le droit de lui^poser cette question : si la faute originelle subsiste, pourquoi Jésus-Giirist est-il mort ? Est-ce bien lui, et non pas plutôt la mort, dont le Christ a pourtant triomphé, qui nous délivre du péché originel ?
Les passages de Luther que nous venons de rapporter nous révèlent un mélange d'expériences malheureuses et de spéculations morbides. Durant sa vie entière, jamais il ne voulut se départir des thèses qu'il avait tirées de ces expériences et de ces spéculations; au contraire, elles lui servirent de point de départ pour en établir d'autres. La première de toutes est celle-ci : La concupiscence est absolument invincible. C'est elle qui l'amena à admettre que l'on ne peut accomplir la loi ; qu'à l'encontre de TEvangile elle a pour nous des exigences mortelles ; que la a justice propre » doit s'effacer; que nous devons désespérer de nous-