J.-G. A ACCOMPLI LA LOI
l'amour de nous, afin qu'en lui nous devinssions justice de Dieu* ».
Dans la théorie de Luther, il n'y a rien pour la destruction du péché. Le pécheur se contente de pousser un soupir inefficace sur son intérieur, sur lui-même et sur ses œuvres, et, dans son état de péché, il se tourne immédiatement vers le Christ, il se cache « sous les ailes de la poule » et il se console par cette pensée : Le Christ a tout fait à ma place, toute mon activité ne serait que péché. La loi morale, cause de ma chute et que je ne puis accomplir, le Christ l'a accomplie pour moi !
Luther ne s'est pas aperçu de la grave injustice que sa solution faisait à Dieu. Il a totalement supprimé la grâce intérieure, cette grâce qui relève l'homme, le pénètre jusqu'au plus intime de l'âme, le purifie et le remplit d'une force surnaturelle. Dès lors, le processus organique de la justification se réduit à un déplacement mécanique des coulisses, du décor. Une telle solution ne pouvait venir que de quelqu'un qui ne savait pas, pour ne l'avoir pas lui-même éprouvé, que, par la foi vivante, l'homme adhère au Christ et tire de lui sa vie, comme le rameau la tire de l'olivier et le sarment du cep, afin qu'il se produise ainsi une transformation intérieure, un ennoblissement, et par la une vie nouvelle 2.
Mais comment Luther peut- il dire qu' « il n'a plus