VII. — Conclusion. Coup d'œil rétrospectif
De toutes ces explications de Luther, il résulte que dans son Commentaire sur lËpître aux Romains il identifie la concupiscence avec le péché originel, et cela, en ce sens que le péché originel persiste aussi longtemps que la concupiscence. D'ailleurs, les sources connues jusqu'ici suffisaient déjà à nous faire connaître le fond de cette théorie ^ Luther en vint ainsi à appliquer à la faute originelle tout ce que VEglise et les docteurs catholiques disent de la concupiscence. Mais, à ces débuts, il n'a pas encore remarqué combien il allait être amené par là à se mettre en contradiction, soit avec la Sainte Ecriture, soit avec l'Eglise et la Tradition tout entière, soit avec lui-même.
C'est à ces conclusions que dans le paragraphe précédent nous avaient amenés les documents publiés jusqu'à ce jour. La source inédite que nous avons utilisée dans celui-ci nous a montré pareillement que Luther considérait la concupiscence comme invincible. Il compare ce « foyer du péché », non seulement à V indomptable Cerbère, mais à Antée, l'invincible géant^. Plus catégoriquement que dans ses autres écrits contemporains, il s'obstine ici à soutenir que nous sommes dans Vimpossibilité d'accomplir la loi. Le Commentaire sur VEpître aux Romains nous montre donc aussi que c'est
amplius quaerat semper, semper injustum se sciens » (Fol. i43). [Ficker, II, 107-108].