‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 3 sur 312 · EFFET DU DON TOTAL DE SOT A DIEU · texte numérisé non relu

EFFET DU DON TOTAL DE SOT A DIEU

dans 5on ordre, cette doctrine n'était pas fort répandue. C*est du moins ce que nous dit Barthélémy d'Usxngen, ermite de saint Augustin et maître de Luther. Le franciscain apostat Gilles Mechler lui objectait l'enseignement des thomistes donnant l'entrée en religion comme un second baptême ; Usingen lui répondit d'aller s'entendre avec les thomistes, mais que pour sa part il n'avait jamais rien enseigné ni rien écrit de pareil. Il savait par l'Ecriture que c'était par la pénitence que les péchés étaient remis ; et l'Ecriture ne parlait pas de l'entrée au couvent ^ Mais les thomistes enseignaientils autre chose ? D'ailleurs, dans ce passage de 162 1, ce n'était pas les thomistes que Luther avait en vue, mais les franciscains, et en particulier Henri Kûhne. En i533 (mêlant très probablement, comme de coutume, beaucoup de faux à un peu de vrai), il raconte qu'avec d'autres jeunes religieux de son ordre, il était allé autrefois au couvent franciscain d'Arnstadt ; et que, pendant le repas, Kiihne leur avait tenu des propos en ce sens 2.

A n'en pas douter, Kiihne voulait parler du don total de soi à Dieu, de l'amour de Dieu par dessus toutes choses, par dessus la chose qui nous est chère entre toutes, notre volonté propre. Et il ne faisait ainsi qu'énoncer une pensée depuis longtemps déjà vigoureusement exprimée par Tauler, l'écrivain favori de Luther, celui qu'il plaçait au-dessus de tous les sco-

1. Libellas in quo respondet confiitationi fratris Egidii Mechlerii monachi franciscani (Erphurdiae, i5a4), fol, g, iij.

2, Erl., 3i, p. 280 (i533).

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