LE VOEU DE CHASTETÉ ET LE MARIAGE
En i53o, il en reste à dire que le pape n'a pas eu de respect pour l'amour de la femme, c'est-à-dire pour le mariage, et qu'il l'a même /3ro/ii6^*. Mais dès l'année suivante, il prétend que (tout comme les Tatianistes) le pape condamne le mariage ; les scolastiques n'avaient considéré cet état que du dehors, et ils ne l'avaient pas distingué « des autres genres quelconques de vie déshonnête^ ». Ainsi, d'après ses propres principes, Luther devait admettre que dans le passage de sa lettre à Timothée 3, saint Paul n'avait pas eu en vue les papistes.
Désormais, il sera de plus en plus violent, et tout spécialement en i533. Autrefois, il avait dit en chaire que le pape méprisait, haïssait et repoussait l'état du mariage ''' ; dans sa Brève réponse au duc Georges de Saxe il va maintenant beaucoup plus loin ; il entreprend de montrer que, par son vœu de chasteté, le religieux rejette le mariage comme une impudicité. Voici sa démonstration : « Qu'ai-je promis par mon vœu de chasteté P J'ai renoncé au mariage. Car tout ce qui est déshonnête en dehors du mariage, comme l'adultère, la fornication, l'impureté, etc., je n'avais pas à y renoncer dans le cloître (c'est-à-dire à promettre de ne pas le faire) : puisque Dieu l'interdit au laïque aussi bien qu'au religieux, il me l'avait déjà défendu auparavant. Eh bien, en rônonçant au mariage, c'est précisé-
I. Erl., il, 294 f»urlo xii* ch. d© Daniel ; ajouté à une traduction de Daniel de i53o, mais postérieur ; voir Erl., 4i, a3a]. a. Erl., 18, 371 (i53i).