‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 45 sur 312 · VUES CONVENABLES ET MÊME ÉLEVÉES · texte numérisé non relu

VUES CONVENABLES ET MÊME ÉLEVÉES

parures. Et cette pudeur donne au mariage de la stabilité, tandis que l'amour sensuel, excité parles parures, amène rapidement le dégoût des liens du mariage, parce que cet amour ne s'appuie pas sur un fond sérieux, mais sur de vains ornements. Sais ces conseils, et tu trouveras plus vite un mari que ces gouffres de dépense qui ressemblent à des prostituées. Et en outre tu seras bénie de Dieu ^ » .

Est-ce là le langage d'un moine qui. selon les dires de Luther apostat, aurait, conformément à l'esprit du temps, considéré le mariage comme un genre de vie condamné, qui aurait trouvé étranges, et à peine conciliables avec la condition de moine mendiant, les paroles de saint Bonaventure sur la recherche d'une femme ? En s'appuyant sur des passages des cpîtres de saint Paul et de saint Pierre 2, qu'il explique fort bien, le moine Luther dit que la femme doit honorer sou mari, car il « participe du nom et de l'office de Dieu ». De leur côté, les hommes doivent se conduire avec dignité, et ne pas cohabiter avec leur femme uniquement dans une pensée de volupté, sans faire de distinction entre une épouse et une concubine ; ce sont là les unions des animaux et des païens. Au contraire, le mari doit respecter sa femme comme un être plus faible, et voir en elle une cohéritière de la grâce qui donne la vie ^,

C'est précisément ce qu'au temps de Luther, dans plusieurs diocèses d'Allemagne, le prêtre catholique

i. Wesim., I. 456.

a. t ^or., II, 7 ; 1 Petr., 3, 7,

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