‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 58 sur 312 · I. Ps. L · texte numérisé non relu

I. Ps. L

3. Weim., VIII, 654 (iSai). Kawerau a choisi le texte de la mauvaise recension, la troisième, et il a ajouté le verbe vocant ; Taie est et illud opus quod debitum conjugale [vocantj : cum teste psalmo L sit peccatum et plane furiosum, nihil differens ab adulterio et scortatione, quantum est ex parte ardoris et fœdaB voluptatis, prorsus non imputât conjugibus, non alla causa nisi sua misericordia, quod sit impossibile vitari a nobis, cum tamen eo carere teneamur. »

Mais, ainsi, les mots quod debitum conjugale se rapporteraient à taie est et illud opus ; et prorsus non imputât conjugibus reste suspendu en l'air. En réalité, voici le sens de ce passage : Taie est illud opus se rapporte aux opéra Dei dont il vient d'être question, et dans lesquels Luther montre la misericordia et la bonitas Dei ; il veut dire : C'est chez Dieu une œuvre du même genre, une œuvre de miséricorde, de n'imputer aucunement à faute le debitum conjugale, alors que pourtant cette action est un péché.

Si la troisième recension vient de Luther, il faut dire qu'il lut la fin du passage d'une manière hâtive, sans remarquer qu'au commencement le quod qu'il avait mis après opus n'est pas un pronom (lequel), mais une conjonction (que). Kawerau aurait dû s'en apercevoir.

84 tES PRINCIPES DE LUTHER GONTRA.IRES AU MARIAGE

et nés dans le péché ^, et que le devoir conjugal ne s'accomplit jamais sans péché ; mais par miséricorde, Dieu pardonne ce péché, parce que l'ordre du mariage est son œuvre : par le moyen de ce péché, il maintient tout le bien qu'il a mis et béni dans le mariage 2. » L'année suivante il répète que Dieu a béni le mariage quoiqu'il sût que « la nature gâtée, pleine de mauvaises tendances, ne peut user de cette bénédiction sans péché 3 ». Et plus tard encore, il dit: « Dieu couvre le péché, sans lequel il ne peut y avoir de gens mariés^. »

Qui donc fait de l'état conjugal un état purement toléré, même coupable ? L'Eglise ? Non I Le moine Luther nous a suffisamment éclairés sur ce point. Ce n'est pas l'Eglise qui nous enseigne « que le devoir conjugal ne s'accomplit jamais sans péché», c'est le moine apostat Luther ^ ; c'est lui aussi qui par ses vues terre à terre a rabaissé le mariage, estimant que, si Dieu ne fermait les yeux, il n'y aurait aucune différence entre l'état du mariage et une union coupable.

C'est ce que Luther dit expressément dans le premier des passages qu'on vient de lire ; et il le répétera souvent, et presque avec plus de crudité encore. Pour

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