LES PRINCIPES DE LUTHER CONTRAIRES AU MARIAGE
fornication ? L'Eglise ? La scolastique ? C'est tout le contraire. La scolastique ne s'est jamais départie du principe énoncé par saint Augustin : « L'acte conjugal fait en vue de fonder une famille ou pour rendre le devoir conjugal n'est pas un péché^. » Car c'est Dieu lui-même qui a institué le mariage en vue de la propagation du genre humain, et après la chute, il a encore dit aux hommes de se multiplier ^ ; or, ce n'est que par l'acte conjugal que ce commandement s'accomplit. Il s'ensuit de là que si tout a lieu convenablement et selon l'ordre fixé par Dieu, il n'y a pas là place à péché. Dans ce cas, bien loin d'être un péché, les relations conjugales peuvent même au contraire devenir méritoires, comme le prouve saint Thomas 3, et comme d'autres l'ont expliqué *. Plusieurs scolastiques, il est vrai, ont vu dans l'acte conjugal un péché véniel ; mais c'est seulement pour le cas où dans cet acte ce n'est pas l'un des deux motifs qui viennent d'être
I. De bono conjagali, c. 6, n. 6 : « Conjugalis concubitus gènerandi gratia non habet culpam » ; c. 7, n. 6 : « Reddere debitum conjugale nuUius est criminis ». Les scolastiques connaissaient le passage de Lombard, 4 Sent. dist. 3i, c. 5. Cf. S. Thomas, Sappl. qu. /ig, a. 5 ; qu. 64, a. 4, il dit expressément : u Ut sibi invicem debitum reddant. »
a. Gen. 8, 17 ; 9, 1.