SuppL, qu. 4t, a. 4. Je me borne à cette référence
4. Ainsi le rigoriste Jean Nider, de l'ordre de saint Dominique, énumère les cas où l'acte conjugal est vertueux et méritoire; cet acte peut même devenir un acte de religion : « Est igitur concubitus in matrimonio meritorius et virtutis actus, que dicitur castita conjugalis, quando fit solum causa prolis procreande et religiose educande ad ampliandum cultum divinum. Et si tune assunt alie débite circumstantie, est actus virtutis, que dicitur religio ». (J*rseceptorwm divinx legis, 6 prsec. , c. i^.
CALOMT^IE PROTESTANTE 67
indiqués que l'on a principalement en vue, mais uniquement le plaisir sensuel^.
Comment Gottschick peut-il donc écrire : « D'après la doctrine chrétienne, l'acte conjugal est ignominieux; car, en soi, il ne diffère pas de l'acte de fornication. ^ )) Sur qui retombe cette assertion ? Uniquement sur le (( Réformateur ». Pour lui, dans l'acte conjugal aussi bien que dans l'acte de fornication, il y a un péché, et un péché grave ; par conséquent, l'acte conjugal est en soi aussi ignominieux que l'autre. Il dit ailleurs : « Si tu regardes l'union charnelle, et que tu ne considères que le côté extérieur de cette union, il n'y a pas la moindre différence entre la vie conjugale et la vie de fornication ; qu'un tel ait une femme et son voisin une maîtresse, c'est fort près l'un de l'autre, et les dehors sont à peu près identiques ^, »
Le devoir conjugal est toujours un péché ; mais Dieu ne nous l'impute pas, il le couvre. C'était là une conséquence nécessaire de la théorie de Luther sur le péché originel. Pour lui, comme je l'exposerai dans la seconde partie, la concupiscence est le péché originel dans toute sa compréhension ; puisque la concupiscence
î. Voir sur ce point P. Jbiler, dans Bonaventarœ k Sent. dist. 31, a. 2, qu.ly Scholion: Les théologiens scholastiques y sont cités, groupés selon leurs idées et mis en confrontation avec les opinions postérieures (Edition Quaracchi.t. IV, 1889, p. 733-734).
2. Ftealeruyklopadie fur protest. Theol. md Kirche (3» éd.), V, 191. Gottschick n'a fait que transcrire un mensonge de Luther. Voir ci-dessus, p. 45 n. a. Voici un autre passage (Weim., XX.Vn, a8, i3): Auparavant, « il était à peu près indifférent de prendre chez soi une femme ou une courtisane. »