‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 7 sur 312 · SENS DU (( BAPTEME MONASTIQUE · texte numérisé non relu

SENS DU (( BAPTEME MONASTIQUE

coreligionnaires apostats en disaient là-dessus encore plus que lui. Du reste, c'est lui-même qui nous dit que cet usage n'existait pas chez les augustins d'Erfurt, puisqu'il nous apprend que la doctrine du « second baptême )> y était même inconnue. Nous avons vu plus haut son récit sur une visite que lui et d'autres jeunes moines avaient faite à Arnstadt, et sur ce que leur aurait dit le franciscain Kûhne : « En entendant dire sur notre sainte moinerie des choses si consolantes, ajoute Luther, nous autres jeunes moines nous étions là bouche bée, nous ouvrions de grands yeux et nous buvions ces paroles i. Et cette idée était partout répandue chez les moines ». Et, tout au contraire, Luther et ses confrères n'en savaient donc rien auparavant.

Naturellement, comme nous le verrons au chapitre suivant, Luther donne au a baptême monastique » un sens tout différent de celui qu'il avait en réalité. Du don intime et total de soi à Dieu, qui était pourtant exigé, il ne fait pas la moindre mention ; il laisse le lecteux dans cette idée erronée que pour obtenir les effets de ce « baptême », il suffit d'embrasser l'état religieux, de faire profession : il s'agirait uniquement d'un acte extérieur : « [Pour le catholique], dit-il, l'état de perfection, c'est d'avoir un froc et une tonsure 2 ». Ainsi donc, il n'y a pas lieu d« parler du don d« soi à Dieu.

1. Wir schmatzten. Mot qui n'a pas son équivalent en français : faire du bruit en mangeant avec sa langue et ses lèvres, parce que l'on trouve du goût à la nourriture : nous nous léchions les 6abines. (N. d. T.)

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