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URSULE DE MUNSTERBERG ET SA SORTIE DU COUVENT l3
C'est ce que prouvent aussi les ane€dotes que Luther apporte à l'appui de ses dires. Mais ses sources sont fort suspectes : il les a en partie fabriquées lui-même. Ainsi, il accompagna d'un écrit approbatif la lettre où la duchesse Ursule de Miinsterberg relate sa fuite du couvent de Friedberg, avec deux autres religieuses. Dans cette lettre, la duchesse dit : « Nous avons cru que par notre entrée dans l'ordre nous étions libérées de la faute et de la peine, et que c'était là un autre baptême. Et chaque fois que dans notre cœur nous renouvellerions l'intention d'entrer en religion, en nous disant que si nous ne l'avions pas fait déjà, nous voudrions encore le faire, nous pensions que nous devions obtenir la rémission de tous nos péchés. Voilà ce qu'on nous prêchait publiquement du haut de la chaire. N'est-ce pas là une impiété, et la destruction de la vérité divine^ ? o Voilà qui est du pur Luther. Mais ne serait-ce pas Luther lui-même qui aurait fait la lettre ? Ursule, il est vrai, nous dit qu'elle l'a « écrite sans conseil ni aide quelconque ^ » ; mais pourquoi cette remarque, si elle n'eût craint que l'on ne découvrît le véritable auteur, et qu'au style et au contenu de la lettre l'on ne reconnût le style et l'œuvre de Luther ? Or, toute cette habileté ne parvient cependant pas à masquer le subterfuge : pour qui connaît quelque peu « la manière )) de Luther, il est évident que c'est lui qui a dicté la lettre. En l'antidatant (comme il avait déjà fait en i520 pour la lettre à