‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 72 sur 312 · Voir ci dessous · texte numérisé non relu

Voir ci dessous

3. De ces deux derniers paragraphes ressort l'opposition entre la doctrine catholique et celle de Luther sur le mariage. La doctrine

Lorsque c'est à la satisfaction sensuelle que dans le le mariage on donne le rôle principal, on ne recule pas même devant un « Conseil de conscience », comme celui que donna le a Réformateur » pour autoriser la bigamie de Philippe de Hesse*. Ce « Conseil de conscience » est très désagréable aux protestants ; pourtant, avec une esprit libre de préjugés, ils devraient trouver que cette autorisation découle fort logiquement du « système » de Luther.

Néanmoins, Kolde en est tout honteux, et il écrit : « Il n'y aura pas un chrétien évangélique (?) pour approuver ce malencontreux avis, ni même pour songer à Texcuser^. » Ainsi donc, il n'y aura ici à se

catholique est fondée sur ce principe qui ressort du droit naturel et de la révélation : avant tout, le mariage a un but social ; il est le fondement de la famille. C'est la différence essentielle qui le distingue des autres unions ou contrats : l'amitié, les associations commerciales et autres. Et pour la stabilité de la famille, pour le bien des enfants, l'Eglise demande l'indissolubilité et Vunité du mariage. De là suit la vraie notion de la concupiscence. De soi, la concupiscence n'est pas un mal : c'est la tendance d'une faculté qui se sent vivre à atteindre son but; et ici, ce but va au-delà de no-,re propre plaisir.

En opposition avec cette doctrine, Luther a vu surtout les effets du mariage pour l'individu. Il ne considère guère le mariage qu'en fonction de la femme et surtout de l'homme : le mariage est un remède donné par Dieu pour céder honnêtement à la concupiscence. Or pour lui la concupiscence est mauvaise et invincible. De là, à l'endroit du mariage, il tire deux conclusions : la première, c'est que de soi le mariage est irrémédiablement mauvais; la seconde c'est qu'il est nécessaire. De ce besoin impérieux lia mariage pour chaque individu, Luther conclut logiquement à la possibilité du divorce et de la polygamie ; les unions secrètes que dans son Sermon sur le Mariage il permet à la femme aboutiraient même pratiquement à la polyandrie (N. d. T).

Page 1