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CONSÉQUENCES DE LA RÉFORME DE LUTHER

un coureur de filles, disent les prédicants,... pourvu que tu croies, tu seras sauvé. Ne te laisse pas effrayer par la loi, car le Christ l'a accomplie et il a satisfait pour les hommes... On s'autorise de ces paroles pour mener une vie impie ^ », etc. C'était aussi la conclusion du vulgaire, lorsqu'il entendait dire à Luther : m II n'y a pas ' d'œuvre si mauvaise qu'elle puisse damner un homme..., c'est (uniquement) le manque de foi qui nous damne. Si quelqu'un tombe dans l'adultère, ce n'est pas cela qui le damnera » ; par là il manifeste seulement sa défection dans la foi ^.

D'autres causes encore vinrent contribuer à ce relâchement ; par exemple, la manière déplorable dont le « Réformateur parlait de ce qui avait trait aux mœurs. L'homme du peuple était plus apte à comprendre ce langage qu'à s'assimiler de savants discours ; il prenait les mots au pied de la lettre, alors même que çà et là ils allaient au delà de la pensée de leur auteur. Le i4 septembre i53i, il écrivait au margrave Georges de Brandebourg : « La foule s'est (tellement) jetée dans la liberté charnelle que pour un temps il faut la laisser se satisfaire; il faudra toutefois que les choses changent quand arrivera l'inspection 3. » Pour Luther, il n'y a pas de mal à ce que, pendant quelque temps, la foule satisfasse ses instincts immoraux. Du reste, dans la satisfaction de ces instincts, voit-il un péché ? Du tout, mais un remède, encore que non infaillible,

1. Joannis Rivii Atthendoriensis De stultitia mortalium (Basileae 1557), 1. I, p. 5o-5i. Voir, ci-dessus, I, p. Si-Sa.

2. Ed., i3, 238(1622). Voir sur ce point, ci-dessous, p. 137,

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