CATHERINE, THÉRÈSE
THÉRÈSE
Catherine , au sauveur nous resterons fidèles !
CATHERINE
Oui, Ton trouve la paix sous ses lois elemelles. Où pourrais-]»' ici-bas, dans ce monde glacé. Trouver l'étrè qui règne en mon cœur oppressé? Celui qui me poursuit de sa brûlante image?...
THERESE
Grand Dieu , qu'oses-tu dire?., ô ma sœur, quel langtige ! François, ce chevalier dont tu parlas souvent. Serait-il?...
CATHERINE
Ma thérèse, être pur, innocent.
Je veux te dévoiler ma coupable foiblesse !
Et pourtant ce n'est pas une indigne tendresse
Qui jette ses transports en ce cœur éperdu. . .
C'est un feu dévorant, éternel, inconnu...
Mais, enfin, quel que soit cet amour qui m'enflamme^
0 ma sœur, le ciel seul ne remplit pas mon âme !...
THÉRÈSE
Quoi!
CATHERINE
Vas-tu sans frémir écouter cet aveu?..
Eh ! bien !... Je me suis fait une image de Dieu , Une image terrestre , et de mes yeux fidèles Je le vois revêtu de formes corporelles... J'ai voulu me créer , délire audacieux ! Un Sauveur , tel qu'il règne en la voûte des cieux ; Dont je pusse , au milieu d'étreintes enivrantes , Embrasser les genoux de mes mains caressantes ! Qui me parlât d'amour, d'espérance et de foi , Qui fût un Dieu pour tous et n'appartint qu'à moi ! Voilà comme je l'aime ! Adorant mon ouvrage , Je voudrais m'abîmer dans cette ardente image !
LLTUlilR. M
THÉRÈSE
Que me dis-tu , ma sœur?
( François de ^'iklenek apparaît dans la chapelle du fotut.) CATHERINE.
Grand Dieu , le chevalier !