‹ Luther, poème dramatique en cinq partiesChapitre 14 sur 61 · CATHERINE, THÉRÈSE · texte numérisé non relu

CATHERINE, THÉRÈSE

THÉRÈSE

Catherine , au sauveur nous resterons fidèles !

CATHERINE

Oui, Ton trouve la paix sous ses lois elemelles. Où pourrais-]»' ici-bas, dans ce monde glacé. Trouver l'étrè qui règne en mon cœur oppressé? Celui qui me poursuit de sa brûlante image?...

THERESE

Grand Dieu , qu'oses-tu dire?., ô ma sœur, quel langtige ! François, ce chevalier dont tu parlas souvent. Serait-il?...

CATHERINE

Ma thérèse, être pur, innocent.

Je veux te dévoiler ma coupable foiblesse !

Et pourtant ce n'est pas une indigne tendresse

Qui jette ses transports en ce cœur éperdu. . .

C'est un feu dévorant, éternel, inconnu...

Mais, enfin, quel que soit cet amour qui m'enflamme^

0 ma sœur, le ciel seul ne remplit pas mon âme !...

THÉRÈSE

Quoi!

CATHERINE

Vas-tu sans frémir écouter cet aveu?..

Eh ! bien !... Je me suis fait une image de Dieu , Une image terrestre , et de mes yeux fidèles Je le vois revêtu de formes corporelles... J'ai voulu me créer , délire audacieux ! Un Sauveur , tel qu'il règne en la voûte des cieux ; Dont je pusse , au milieu d'étreintes enivrantes , Embrasser les genoux de mes mains caressantes ! Qui me parlât d'amour, d'espérance et de foi , Qui fût un Dieu pour tous et n'appartint qu'à moi ! Voilà comme je l'aime ! Adorant mon ouvrage , Je voudrais m'abîmer dans cette ardente image !

LLTUlilR. M

THÉRÈSE

Que me dis-tu , ma sœur?

( François de ^'iklenek apparaît dans la chapelle du fotut.) CATHERINE.

Grand Dieu , le chevalier !

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