‹ Luther, poème dramatique en cinq partiesChapitre 38 sur 61 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LES 31ÈMES,FR ANÇOIS DE WILDENECK,MÉLANCH. TON, JEAN LUTHER, THÉOBALD, SPALATINUS.

MÉLANCHTON

FRANÇOIS

n n'est pas seul !

{Reconnaissant Catherine.)

Catherine! ô bonheur!

C'est toi !

CATHERINE

Ta foi nouvelle a pénétré mon cœur !

FRANÇOÏS.

Tu quittes donc le cloître et sa cruelle chaîne?

CATHERINE

Une autre aixleur m'enflamme, un autre vœu m'entraîne!

Se peut-il?

LUTHER. 119

FRANÇOIS

CATHERINE

De Luther j'ai compris les leçons!

Sur moi de ta croyance ont brillé les rayons !

{Montrant Luther. ) J'adore aussi ton Dieu !

FRANÇOIS

C'est un Dieu qui succombe !

Catherine, avec nous pleure donc sur sa tombe ! (Pendant le dialogue de François et de Catherine , Luthei'

est allé s'asseoir, et semble réfléchir profondément.

François s'approche de lui. ) Mon cher maître, il n'est plus de salut ni d'espoir!

JEAN LUTHER

Pour te perdre aussitôt, fallait-il te revoir!

(Se jetant en pleurant au cou de Luther, toujours plongé dans ses méditations. )

0 mon fils, que dira ta malheureuse mère?

lÛÔ LtTnER.

FRANÇOIS (à Lui lier).

Le Légat a soufilé son esprit sanguinaire

Au sein de la diète, et tes anciens amis

Semblent déjà fléchir , à ses ordres soumis.

A la voix du clergé , tes partisans reculent ;

De mort et de bûcher les mots affreux circulent;

Le duc Eric, jadis si sincère et si bon ,

Lui-même, avec colère, a prononcé ton nom.

{En pleurant .) Nous le perdons !

{Luther ne répond rien.)

MÉLANCHTON {s' approchant île Luther à son tour.)

Luther, toi si noble et si sage, Qui pourra maintenant consommer ton ouvrage?.. Quitter ainsi ta tâche et mourir !... Il le faut ! S'il ne fallait, hélas! que braver l'échafaud. Je pourrais achever ton œuvre commencée ; Mais non !... qui nous rendra ton ame et ta pensée? Un mot, Luther, un mot!... Parle et console-nous! {Luther reste silencieux. )

SPALATINUS {à Luther).

Nous le savons j du sort tu méprises les coups;

tUTHEn. 151

Mais parle à tes amis!... Déjù ta mort s'avance!...

Je redoute pour toi quelque lâche vengeance :

La flamme d'un bûcher, peut-être ils la craindront ;

Par une mort obscure ils t'assassineront.

Ah ! refuse toujours la coupe empoisonnée !

Songe à ta foi, Luther, songe à sa destinée!

Ton supplice, voilà son unique soutien !...

Ne perds pas ton bûcher... c'est notre dernier bien.

( Lutlier ne répond pas; ses amis l'entourent ; on commence à entendre le tintement d'une grosse cloche. )

MÉLANCHTON

Entends-tu?... c'est la mort!

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