TOUS
Luther!
CATHERINE {se précipitant (luns S€S bras).^ C'est Luther!
LUTHER
Catherine!
LUTIIER. 187
CATHERINE
C'est lui !
LUTHER (ai*x iconoclastes).
Vous bravez donc la colère divine !
CARLOSTADT.
Maître, l'idolâtrie est morte sous nos coups ! Nous suivons vos leçons en disciples jaloux ; Maintenant nous voulons achever votre ou\Tage, Et briser pour jamais les fers de l'esclavage !
LUTHER
Vous pratiquez ma loi, dites-vous? Insensés !
Quand vit-on par mes mains les autels menacés?
Quand donc ai-je insulté Dieu jusque dans son temple?
Et c'est moi, dites-vous, qui vous donne l'exemple !
Je viens pour raffermir notre religion ,
L'épurer au flambeau de la saine raison.
Sur le droit, l'équité, fonder son juste empire :
l«a LtJTHliU.
Je viens édilier ; je ne viens pas détruire ! Vous souillez les autels, réformateurs pieux ! Et la flamme à la main , vous honorez les deux ! Au bruit de vos excès j'ai quitté mon asile... A quoi bon conserver une vie inutile , Lorsque je vous voyais flétrir mon souvenir , Déshonorer mon œuvre, et perdre l'avenir? J'ai pris d'un chevalier la cuirasse et l'armure; J'ai voulu de mon nom réparer la souillure; Je vous ai combattus ! Je vengerai le ciel , Et ferai de mon corps un rempart à l'autel ! Insensés! savez-vous ce que c'est qu'une église,! C'est la seule retraite à la douleur promise, C'est là que l'infortune ose encore es[>érer. . . Mais où donc voulez-vous que l'homme aille pleurer? Ajoutant la révolte à votre affreux ravage. Vous venez , dites-vous , consommer mon ouvrage ! Mais ai-je donc prêché la guerre aux souverains? Quand donc sur leur couronne ai-je porté les mains? l)ois-je donc imiter ces prêtres que je fronde? Et mon royaume, à moi, sera-t-il de ce monde, Quand je veux, écoutant le Sauveur immortel, Emprisonner le \)vêtve au pied de son autel? Sans doute je promels à la tci-re affranchie
LUTHER. 189
Des jours libres, heureux, purs de toute anarchie...
Mais ce noble avenir où je conduis vos pas,
On y \a par la jxiix et non par les comljats.
Si Dieu devait, un jour, nous ordonner la (pierre.
Faudrait-il aux bons rois lancer notre tonnerre?
Vous outragez un prince, au cœur vraiment chrétien !
Hommage à l'Électeur, votre maître et le mien!
Si vous êtes mes fils, mes sectateurs fidèles.
Qu'un pieux repentir touche vos cœurs rebelles!
Révoltés, votre prince est là... découvrez-vous!
Destructeurs des saints lieux , Dieu vous voit. . . à genoux !
(Carlostadt et les iconoclastes se découTrent et s'agenouillenl . On entend an-dehors la Toix de Jean Luther, )
JEAN LUTHER {dernère la scène).
Mon fils... se pourrait-il?... mon fils!