LE PRINCIPE
L’argument qui parait avoir déterminé le vote des huit heures en 1919 fut le suivant : à la suite de la guerre des millions d’hommes allaient être libérés dans un espace de temps très court ; pour éviter une crise de chômage qui aurait pu avoir les plus graves répercussions, on imposa une réduction du temps de travail, de manière à ce que la marchandise « travail » disponible sur le marché étant partagée entre un plus grand nombre, il y en eût pour chacun.
Quelle est la valeur de cet argument ?
Et d’abord, s’il s'agissait de faire face à une situation provisoire, — main-d'œuvre momentanément surabondante, — il fallait prendre des dispositions adaptées aux circonstances et non pas mettre en mouvement l’appareil législatif, qui crée des situations sinon définitives, du moins bien difficiles à modifier.
Si l’on examine comment la question se posait pour les chemins de fer, l’argument exposé apparaît sans valeur.
On avait pendant la guerre travaillé à plein rendement et tout le réseau français avait besoin d’être ré-