‹ L’Œuvre Sociale du P. L. MChapitre 25 sur 75 · L’APPLICATION · texte numérisé non relu

L’APPLICATION

Pour appliquer la loi il fallut créer :

à la Traction, le temps de travail étant réduit, on dut multiplier les équipes, mécaniciens, chauffeurs, machines (1), bâtir pour loger le nouveau personnel... et aussi les nouvelles machines, construire des voies pour conduire aux nouveaux dépôts, recruter encore du personnel de gardiennage et d’entretien, le loger, le payer, etce.;

dans le service des gares, grandes et petites, on peut

(1) Faute d’avoir instantanément la quantité de machines suffisante on dut recourir à la banalisation, système qui consiste à confier successivement une même machine à plusieurs équipes de mécaniciens et chauffeurs : l’expérience a toujours prouvé que c'était une méthode déplorable au point de vue économique, chaque équipe s’en remettant à la suivante des soins d’entretien.

signaler pour un même trafic, que le personnel nécessaire passait en Avignon de 325 unités en 1914 à 420 en 1921, soit une augmentation de 29 0/0, à l’Ardoise (cas exceptionel il est vrai), de 12 en 1913 à 23 en 1921 : augmentation : 91 0/0, à une petite gare comme Aubignas-Alba, de 3 en 1913 à 5 en 1921 : augmentation : 66 0/0.

Il n’y a pas lieu d’insister ici sur les charges financières de la loi de 8 heures, mais sur ses conséquences sociales. Avant de les étudier, on doit signaler que le régime des conclusions paritaires fut modifié à deux reprises pour les agents autres que les mécaniciens, chauffeurs et agents des trains, par les décrets des 14 septembre 1922 et 16 janvier 1925.

Les conséquences sociales de la loi du 23 avril 1919.

Les charges financières qui résultaient de la loi du 23 avril étaient ruineuses ; mais les répercussions les plus désastreuses de cette loi n’ont pas été celles qu’on peut mesurer par des chiffres.

Au P. L. M. la loi de huit heures avait rendu nécessaire la création de 20.000 emplois nouveaux (1) ; le personnel qui dut être recruté, non seulement n’avait pas la formation technique qu’il fallait, mais il lui manquait surtout la conscience de ses devoirs et de ses responsabilités. L'ensemble cohérent et discipliné que formait jadis l’armée des cheminots, était submergé dans les éléments étrangers qui constituèrent un ter-

(1) Rapport à l’Assemblée générale du 25 avril 1991.

Page 1