‹ L’Œuvre Sociale du P. L. MChapitre 26 sur 75 · EU TA · texte numérisé non relu

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rain favorable où des meneurs révolutionnaires semèrent la mauvaise graine.

Les grèves de février, mars et mai révélèrent le danger : l'opinion publique se ressaisit ; le Gouvernement appuya de son autorité la répression indispensable et déclara le 14 mai qu’il n’interviendrait en aucun cas pour faire rapporter les révocations et autres mesures disciplinaires.

Depuis l’ordre est revenu.

Mais les vieux serviteurs du P. L. M. sentent bien qu'il y a quelque chose de changé, que les rapports des agents avec leurs chefs ne sont plus, ne peuvent plus être les mêmes qu’autrefois ; il faudra beaucoup de temps pour oublier les jours sombres de l’aprèsguerre.

Qu’y a-t-il donc de changé ? Il est peut-être possible de discerner quelques-uns des indices par lesquels s’est manifesté le changement de mentalité.

1°. — En de nombreuses circonstances on a dû instaurer plusieurs équipes assurant le service successivement, au lieu d’une. La coordination des efforts en souffre ; il n’y a plus l’unité ni l’émulation d’autrefois.

2°. — L’assimilation dans le vieux personnel des éléments étrangers est lente. Elle n’est pas encore complète.

3°. — Le personnel ancien, aussi, a changé. On lui a tant répété qu’on abusait de ses forces et de son bon

vouloir ! il se garde maintenant trop souvent d’un effort : des agents qui naguère restaient d'eux-mêmes au-delà de leur temps de service toutes les fois qu’il était nécessaire, quittent leur travail juste à l’heure prévue sans se soucier de ce qui peut rester à faire. Il n’y a plus l’amour-propre professionnel de naguère.

4°, — Beaucoup d’entre eux, leur huit heures faites, vont travailler ailleurs : ils ne sont plus « exclusivement » cheminots. Dans une organisation où une discipline rigoureuse est nécessaire, il est bon que chacun se façonne d’après un moule commun, il est mauvais que les influences extérieures viennent modifier la < déformation professionnelle » nécessaire au cheminot.

La constatation de cette habitude très répandue de travailler au dehors suffit pour condamner le principe de la journée de huit heures... Il prouve en effet que l’homme a besoin d’être absorbé par son travail pendant un temps plus long.

Ps

Des exemples précis — il s’agit de cas particuliers, mais ils sont tous concordants — permettent d’affirmer que l’habitude de chercher un supplément de ressources dans un travail complémentaire est surtout répandue parmi les agents qui ont le souci d’élever des enfants et de leur donner une éducation complète.

Qui oserait nier que beaucoup de ceux qui n’ont pas ce mobile emploient à dépenser, à consommer, le temps jadis consacré à travailler, à produire ?

…ÆEt comme la France a besoin de produire elle fait appel à la main-d'œuvre étrangère ; il lui en coûte des milliards chaque année (1).

On parle au peuple de « bien-être >» — mais en lui interdisant le travail on lui retire le moyen de s’en procurer, en même temps qu’on augmente ses besoins en lui imposant trop d’heures inoccupées : ainsi agiton contre son bonheur. 3

(1) Cf. La loi de huit heures et la main-d’œuvre étrangère. J. des Débats, 5 juillet et 11 octobre 1926.

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