Arch. €pig. Mitt. aus Oesterr., VI, 1882, p. 30 (Tomi
ment toutes choses, l'esprit n'est autre que Dieu^, Ailleurs on lit cette brève formule qui résume la même idée^ : « Les cendres ont mon corps, l'air sacré a enlevé mon âme. » Très caractéristique est cette inscription d'un tombeau romain : « Me voici morte et je suis cendre ; cette cendre esjt terre ; si la Terre est une déesse, moi aussi je suis déesse, et ne suis pas morte ^ » . Un lieu commun, souvent répété, veut que la vie soit un prêt que noua recevons de la nature et que nous lui restituons au décès * : par là même qu'elle nous a fait naître elle nous condamne au trépas^. C'est une dette que nous acquittons envers elle en rendant à chacun des éléments ce qui lui est dû^
Ces vers expriment, sous des formes diverses, la même grande pensée : la mort est la disparition dans le sein de la nature divine. Ce n'est pas la conservation d'une personnalité éphémère qu'il nous faut espérer. Énergie fugace, détachée du Tout, notre âme doit y rentrer comme notre corps ; tous deux sont absorbés par Dieu. Le souffle de feu de notre intelligence, comme la matière et les humeurs de nos organes, sont recueillis dans le réservoir inépuisable quj, les a produits, de même que le seront un jour la terre et les cieux. Tout doit s'abîmer dans le même ensemble^ se perdre dans le même oubli. Lorsqu'il atteint le terme fatal^ l'homme s'évanouit dans la puissance unique qui forme et régit l'univers^ comme s'y éteindront les astres fatigués quand leurs millénaires seront révolus. La résistance à cette loi suprême est vaine et douloureuse, la révolte contre l'ordre irrésistible des choses est impie. La grande vertu qu'enseigne le stoïcisme est Ja soumission au Destin qui conduit le monde, l'acceptation joyeuse de l'inéluctable, selon les arrêts irrévocables de la Raison divine. Sous mille formes la littérature philosophique et les épitaphes ressassent le précepte que, ne pouvant nous opposer au sort omnipotent, il nous faut supporter ce maître, parfois rigoureux, sans larmes et sans récriminations. Le sage qui détruit en lui le désir de toutes les contingences jouit d'un calme divin^ même sur cette