Pline, H, N., II
8. Plutarque, Mon -posse suav. vîvi sec. Epie, 27, p. 1105. Cf. Pascal, I^, p. i6o s.
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nourrices, bons à effrayer les enfants. Il est caractéristique qu^en certains passages Cicéron et Sénèque raillent les Épicuriens de s'attaquer encore à des chimères qui ne sont plus acceptées par personne et de répéter toujours la même chanson contre des superstitions que chacun trouve ridicules ' .
Mais l'étendue de l'action exercée par Êpicure apparaît surtout si l'on consulte les inscriptions funéraires*. La plus remarquable est un long texte qui s'étendait sur la paroi d'un portique dans la petite ville d'Oenoanda, en Lycie. Un bon bourgeois, nommé Diogène, qui paraît avoir vécu sous les Antonins, était un partisan convaincu de la doctrine d'Épicure ; sentant approcher sa fin, il voulut en graver sur le marbre un exposé pour l'édification présente et future de ses concitoyens et des étrangers. Il ne manque pas d'y montrer son mépris de la mort dont, il a, dit-il, appris à se moquer. « Je ne me laisse pas effrayer par les Titye et les Tantale que certains représentent dans l'Hadès ; je ne suis pas saisi d'horreur en songeant à la putréfaction de mon corps... Quand la connexion de notre organisme est déliée, rien ne nous touche plus. » Ce sont des idées que nous trouvons partout reproduites sous des formes variées, car l'épicurisme ne trouva pas seulement des partisans convaincus dans les cercles cultivés ; il se répandit dans les couches les plus basses de la population, comme en témoignent éloquemment les épitaphes où s'exprime l'incrédulité à la vie future \ Certains se contentent d'une courte profession de foi « Nous sommes mortels, nous ne sommes pas immortels », ou <: toutes choses périssent avec la vie, et deviennent vaines » ^ Une maxime est si souvent répétée qu'elle s'écrit parfois par de simples sigles : « Non fui, fui, non sum, non euro. » « Je n'étais pas, je fus, je ne suis pas, peu m'importe ». L'homme rentre dans le néant dont il est sorti ^. On a remarqué que cette formule épigraphique était gravée surtout sur des tombes d'esclaves, qui n'avaient guère de motifs d'être attachés à la vie. Des gladiateurs adoptent aussi cette sentence : aux misérables qui devaient dans l'arène faire