I. Cf. Recueil inscr. du Pont, n° iio, (p
a. Ibid., n° 143 (p. 153).
3. Kaibel, Efigr., 646, . ^- C- E., 1495 = CIL, VI, 26003 : « Nil sumus et fuimus. Mortales respice, lector, / m nihil a nihilo quam cito recidimus » ; c£. Anthol. Gr., VÎI, 339. Cf. Berhlich, As-petti,
P- 59- 5. C. E., 1247 = CIL, VI, 7193. Cf. Lucien, De luctu, 17.
le souverrain bien : « Es, bibe, lude, vent », « Mange, bois, amuse-toi et viens ici » est un conseil plusieurs fois répété i. Oii se souviendra de la maxime que combat S. Paul dans la première aux Corinthiens : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » ^. Il n'est pas rare de trouver des variantes inspirées par la fameuse épitaphe qui se serait vue sur le prétendu tombeau de Sardanapale 3, et où s'exprimait la maxime : « Fais bonne chère, car tu n'emporteras rien d'autre avec toi » ; ou bien : « ce que j'ai bu et mangé, voilà tout ce qui est à moi » *. Un distique plusieurs fois reproduit dit : « Les bains, le vdn et l'amour consument nos corps, mais ils font la vie, les bains, la vie et l'amour^ » ; et un vétéran de l'armée fait graver sur sa tombe un conseil tiré de son expérience : « Tant que je vécus, je bus volontiers : buvez, vous qui vivez*'. »
L'exhortation à jouir d'une existence que la mort doit bientôt interrompre est un thème traditionnel qui s'est prêté à de nombreuses variations dans la poésie antique et moderne. L'épigraphie gréco-latine s'en est souvent inspirée'. C'est en cette formule que se résiimait la sagesse de l'épicurisme vulgaire. Les gobelets d'argent trouvés à Boscoreale, près de Pompei, et qui sont entrés au Louvre *, nous montrent des philosophes et dies poètes au milieu de sque^ lettes, tandis que des inscriptions incitent à se hâter, durant la vie, de se réjouir, car nu] n'est certain du lendemain. Épicure y figure allongeant la main vers un gâteau posé sur une table, tandis qu'un petit cochon, placé entre ses jambes, lève la patte et le groin vers cette friandise pour en prendre sa part. Au-dessus on lit : Tb leXoç v^Sovy) « La fin suprême est le plaisir ». Horace en recommandant de vivre au jour le jour, sans empoisonner l'heure