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Cf. Mages hell., I, pp. 33, 38, iio

4. C. R. Acad. Inscr., 1942, p. 284 ss. ; cf. înfra, N. C. XV.

5- Sur « le pythagorisme primitif et ses relations avec l'Orient », cf. Bidez, Eôs, pp. 9-20 ; p. 160, n. 25.

I4é LUX PERPETUA

Les Grecs ont toujours cru que des héros privilégiés pouvaient être enlevés par les dieux, corps et âme, pour aller vivre avec eux dans l'Olympe, échappant ainsi au destin imposé aux humains ' . Mais cette croyance diffère radicalement de cette anthropologie selon laquelle chaque individu est composé d'un corps périssable et d'une essence immortelle qui, descendue du ciel à la naissance, y remonte après la mort. Cette idée apparaît pour la première fois à Athènes dans l'épitaphe, trouvée au Céramique, des guerriers tués devant Potidée, en 432 : « L'éther, dit l'inscription, a reçu leurs âmes, la terre leurs corps. » *. La même idée que l'homme est un composé de deux éléments qui, au moment du décès, retournent l'un à la terre et l'autre au ciel, suivant leur 'Origine, se retrouive dans des vers faussement attribués à Épicharme, le dramaturge de Syracuse, mais qui certainement sont anciens, car Euripide les a connus ^. Une indication déjà plus précise nous est fournie par Aristophane, dans la PaiX: représentée en 421, à propos du polygraphe Ion de Chios, poète ami de Sophocle, qui avait écrit en prose une oeuvre de philosophie pythagoricienne et qui venait de trépasser : Trygée étant monté au ciel sur un scarabée, assure que « quand quelqu'un meurt, il devient un astre dans les airs » et qu'Ion, auteur d'un dithyrambe commençant par les mots « Etoile du matin », s'est lui-même mué en cette étoile*.

A côté de ces témoignages exactement datés, nous pouvons invoquer celui des Pythagoriciens eux-mêmes. Parmi les vieux akousmata, les préceptes transmis oralement dans l'Ecole, il s'en trouve un qui dit : « Que sont les îles des Bienheureux ? Le soleil et la lune^ ». Ainsi ces îles où sont transportés les héros, et qu'Homère situait dans l'Océan lointain aux confins de la terre, avaient été transférées par ces philosophes, suivant leur système habituel d'allégorisme, dans les deux astres majeurs, baignés par les flots lumineux de l'éther. La lune était pour eux la « terre éthérée » ou « terre olympique » (p. 175) jusqu'où s'élevaient, en quittant ce bas monde, les âmes des héros et des sages. Cette théorie reprenait, en la faisant entrer dans un système philosophique, la vieille croyance populaire que la lune est le séjour des morts. Sur une infinité de stèles funéraires, notamment en Afrique et en Gaule, est figuré le symbole du croissant, emblème de résurrection (p. 173).

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