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CHAPITRE m. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE I

Arrêtons-nous ici un instant, pour cénsidérer ce que nous apprennent ces témoignages. Les anciens Pythagoriciens admettent une immortalité non seulement stellaire, ce qui pourrait à la rigueur être emprunté à l'opinion vulgaire qu'à chaque âme appartient une étoile, mais aussi luni-solaire. Ainsi, parmi tant de formes que peut prendre l'idée d'une survivance de la personne humaine, nous retrouvons précisément celle que nous avons signalée en Orient chez les Indo- Iraniens. C'est là une preuve très forte que, comme nous le disions, les philosophes grecs l'ont empruntée à ces Mages, dont, nous le savons, ils ont connu les doctrines.

Une fois cette idée de la destinée d'outre-tombe admis© dans l'Ecole pythagoricienne, celle-ci a, comme c'est souvent le cas, voulu la justifier par des raisonnements théoriques, , et, son astronomie étant arrivée ,à la conclusion que tous les astres, y compris les planètes improprement appelées « errantes », sont animés d'un mouvement circulaire constamment régulier, elle vit d'abord dans cette constance et cette régularité une preuve de la divinité des corps célestes. Comme d'autre part, l'âme aussi se meut perpétuellement et est principe de mouvement, elle doit être de même nature que les astres et comme eux immortelle. Si un tel raisonnement a pu être imaginé par xme pensée abstraite pour étayer une croyance religieuse adoptée par l'Ecole, il est impossible d'y voir l'origine même du dogme de l'immortalité céleste, dont les Pythagoriciens auraient été non seulement les propagateurs, mais les auteurs*, puisque ce dogme préexistait à eux dans le mazdéisme le plus ancien comme dans les Upanishads, sous le triple aspect stellaire, lunaire et solaire que lui avaient reconnu l'Inde et l'Iran.

Nous ne pouvons tenter de déterminer ici l'étendue des emprunts faits au mazdéisme par l'eschatologie et la démonologie pythagoriciennes. Mais si l'on cherchait quelles similitudes les rapprochent, on trouverait de curieuses ressemblances entre la conception que se faisaient de la nature et du sort de l'âme les disciples' du sage de Crotione et celle que révèle, à l'étudier de près, le caractère de ces divinités psychiques auxquelles les Perses rendaient uni culte sous le nom de Fravashis. Si l'on dégage, dans le Yasht qui leur est consacré, comme l'a fait jadis Soderblom'\ les éléments primitifs qui y, sub-

i-Rougier a eu tort, selon nous, de soutenir cette thèse {of. cit.), mais il a eu le mérite de mettre en lumière les doctrines pythagoriciennes dont il tire abusivement cette conclusion.

2- Nathan Sôderblom, Les Fravashis, dans Revue hist. des relig. 1899, XXXIX, PP- 229-260, 317-418. Cf. Moulton, dans Hastings, Encycl., s. v. « Fravashi » et ^ehtnann, ihid. s. v. « Ancéstor worshî-p » (Iranian).

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