U8 LUX PERPETUA
sistent encore malgré la transformation que leur a fait subir la théologie mazdéenne, on verra que ces Fravashis sont conçues comme des déités aériennes dont le domaine propre est l'espace intermédiaire entre le ciel et la terre. Elles préexistent à la naissance de l'être humain et, après s'être associées à lui, elles lui survivent. Elles s'unissent non seulement à l'homme, mais aux animaux. Enfin une connexion étroite est établie entre les Fravashis et les étoiles. Pour les Pythagoriciens aussi l'âme vit au ciel avant qu'elle vienne s'incarner dans un corps ; après la mort elle devient un de ces démons . dont la multitude peuple les airs. Celles qui donnent la vie aux animaux ne diffèrent pas de celle de l'homme, et d'autre part elles sont des parcelles de ce feu de l'éther qui brille aussi dans les astres. Il faudrait une analyse plus poussée pour déterminer si ces analogies doivent s'expliquer par la communauté d'une origine indo-européenne et si les traits communs appartenaient déjà à la vieille religion aryenne, ou si des idées qui étaient spécifiquement mazdéennes ont pu inspirer certaines doctrines des philosophes italiques.
Si nous nous proposions d'étudier le développement de l'immortalité céleste dans le monde grec, nous aurions à parler ici de son adoption par le puissant idéaliste qui, plus que tout autre penseur, l'a imposée à la foi des générations postérieures. Platon, au cours de son voyage en Sicile, eut des entretiens à Tarente avec Archytas, le philosophe et homme d'Etat pythagoricien, dont chacun se plaisait à louer la sagesse ^ Il profita aussi des enseignements de l'astronome Eudoxe qui s'était instruit de la science orientale^. Peut-être même, suivant une tradition qui paraît véridique, un « Chaldéen » authentique vint-il prendre part aux discussions de l'Académie^. Platon fut conquis par la doctrine d'une préexistence et survivance célestes de l'âme, et il lui accorda une largî place dans les discussions et surtout dans les mythes de ses dialogues les plus récents. Ainsi le mythe d'Er dans la République est une page où apparaît clairement l'intervention de conceptions chaldéo-iraniennes .
L'harmonie et la constance des mouvements des corps célestes prouvent qu'ils sont doués d'intelligence et ont une nature divine. L'âme descendue du ciel est formée du même feu qui resplendit dans l'éther et brille dans les
1. Cic, De amie, XXIII, 88; Horace, Ode, XXVIII, 5; Diels, Vorsokr., 35^ 3! cf. Bidez, Siir un fragment de l'Aristote -perdu dans Bull. Acad. Belgique, 1942, p. 2og. L'influence pythagoricienne se manifeste avec une évidence indiscutable dans le passage de la Re-publ., 614 c ; cf. Aristote, fr. 200 Rose ; Platon, Lois, X, <)bbd; Xlimée go c, d.