‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 164 sur 468 · CHAPITRE m. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i

contre toute contagion. Deslustrations rituelles lui rendront sa pureté (àyveîa) sans cesse menacée'. L'exercice d'une vertu sans défaillance, la pratique d'une piété scrupuleuse lui conserveroAt ses qualités originelles. La musique qui s'élève vers des objets divins, préparera son ascension vers le ciel. La méditation est une prière muette, qui met la raison en communication avec les puissances d'en, haut. Saisie d'amour pour les beautés éternelles, elle monte dans ses transports jusqu'au séjour des dieux et, s 'identifiant avec eux, elle se rend digne d'une immortalité bienheureuse ' qui lui permet d'échapper définitivement au cycle des réinvcarnations ^

Mais à côté de ces hautes spéculations, de ce mysticisme éthéré, la foi en l'efficacité de rites archaïques pour assurer le salut se maintenait dans l'école. Il fallait qu'ils fussent pratiqués aux funérailles pour que le défunt jouît d'une félicité posthume''. Le corps, couvert d'un linceul blanc, devait être étendu sur une jonchée de feuillage ( Q%\.^ri.c, ), qui avait été en Grèce et ailleurs la couche primitive des vivants et des morts. L'on, prenait soin au moment du décès de consulter les auspices en silence ([j:£T'eiJ9r,(j.(aç), comme on le faisait sur le rivage avant de lever l'ancre. Il fallait se garder d'attirer par quelque parole imprudente les démons hostiles, qui auraient pu s'opposer à la périlleuse traversée de l'âme ballottée sur les flots tumultueux de la mer aérienne dans son ascension vers le ciel.

Le pythagorisme, comme le prouvent les akousmata, avait de tout temps accueilli des croyances vulgaires, même des superstitions puériles, des tabous du folklore, dont il donnait une interprétation morale. Ainsi, des idées populaires sur les rapports de la lune avec les esprits des morts, sur les étoiles, dont chacune est en relation avec une âme individuelle, d'autres vieux préjugés survivaient encore et étaient expliqués doctement. D'autre part cette eschatologie subit l'influence des théories, scientifiques alors admises : ses tenants cherchèrent à la mettre d'accord avec les progrès de l'astronomie. L'antiterre (àvTij(ôa)v ), élément absurde de la cosmographie imaginée par la vieille école, fut transférée dans la lune pour être rendue acceptable à des esprits plus instruits^. Si l'antique division des cieux en trois étages superposés

1. Purifications : Diog. Laërce, VIII, 33 ; Vers dorés, 68 ; Philostrate, Vita A-p., VI, S> 3 ; Jamblique, V. Pyth., 99.

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