CHAPITRE III. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE i
en une immortalité céleste. Nous ignorons trop profondément quelles furent à cet égard 1er. convictions de la plupart des représentants du moyen-stoïcisme, et spécialement des nombreux propagateurs de cette doctrine composite, qui, nés en Orient, ont dû être tentés d'accorder leurs spéculations avec la théologie astrale des Sémites. Plusieurs d'entre eux eurent des Romains pour disciples . et contribuèrent à la diffusion de ces idées nouvelles dans le monde latin ' , tels Athénodore de Tarse, qui fut le maître d'Octave, Antipater de Tyr, qui convertit Caton d'Utique à sa morale. C'est singulièrement restreindre la question à résoudre que de la traiter, en éplucheur de textes, comme une filiation verbale de philosophe à philosophe. Tout le problème des rapports religieux entre le Levant- et le Couchant y est impliqué.
Cependant, au milieu de ces incertitudes, court un fil conducteur. Déjà les « Chaildéens », mous l'avons vu (p. 144), ont probablement imaginé que la chaleur qui entretient la vie dans notre organisme, est de même nature que celle qui, dans l'univers, allume la scintillation des étoiles divines^. Certainement le dogme que nos âmes sont congénères des astres, se répandit dans le monde hellénistique avec l'astrologie, et il est depuis cette époque enseigné par tous les adeptes de cette divination savante. Dès le IF siècle il trouva un défenseur convaincu dans le grand astronome dont les théories scientifiques furent directement influencées par l'érudition chaldéenne. « On ne louera jamais assez Hipparque », dit Pline l'Ancien^, « pour avoir établi, mieux que personne, la parenté des astres avec l'homme, et montré que nos âmes sont une parcelle du feu céleste ». A Rome, une envolée lyrique de Manilius "* débute par ce vers que Goethe, ayant fait ^ en 1784 par un temps radieux l'ascension du Broken, répétait pour exprimer l'admiration qu'il éprouvait : « Qui peut connaître le ciel sinon par une faveur du ciel, et trouver Dieu s'il ne fait lui-même partie des dieux ? » On pourrait multiplier les citations analogues d'astrologues postérieurs ^. Le principe que le semblable connaît
1. Stoïciens orientaux et Romains : cf. Zeller, Philos. Gr., III, i, p. 585 -, Cambridge ancient history, XI, p. 641 ss. '