CHAPITRE III. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE
procure aux esprits studieux la recherche de la vérité sont une anticipation de la félicité que l'âme, dégagée de tout contact avec le corps, éprouvera dans une autre vie^, au moins jusqu'au jour lointain de la conflagration universelle 2. Ainsi la mort n'est pas pour nous un châtiment, et il est déraisonnable de. l<a redouter comme le fait le vulgaire. Sénèque ne se contente pas de reprendre pêle-mêle les considérations traditionnelles chez les philosophes pour combattre cette crainte. Il répétera avec les Épicuriens, nous l'avons vu-'', que l'on retombe après le décès dans l'inconscience qui a précédé la naissance, avec les Stoïciens que cette nécessité, inhérente à la condition humaine, est conforme aux lois divines de la nature, que la mort nous délivre de tous les maux, y compris l'appréhension même de cette- mort. Il reproduira inlassablement tous les arguments propres à faire accepter, sans rébellion, la soumission à un sort inéluctable. Mais ce n'est plus seulement la résignation que prêche le philosophe : il fait luire ime grande espérance. Il oppose à la bassesse et à l'étroîtesse de notre demeure présente l'élévation et l'immensité de son séjour céleste^, à l'obscurité qui offusque notre vue ici- bas, la splendeur éclatante des sphères éthérées, où toutes les ténèbres seront dissipées ^, au trouble et à la confusion de notre existen^ce agitée le repos dont nous jouirons dans la sérénité de la lumière supérieure, quand, après avoir été ballottés par les orages de la vie, nous atteindrons le havre tranquille des cieux^, à la brièveté enfin de notre passage en ce bas monde la pérennité de notr3 béatitude dans un monde meilleur'. Ainsi notre vie humaine est un simple prélude, une préparation à une autre vie plus longue et plus heureuse, qui commence au moment du décès s. La première est comparable à la gestation du foetus dans le sein de sa mère : de même que l'enfant vient au monde dans la douleur et se dépouille des membranes qui l'enveloppent, ainsi notre