‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 18 sur 468 · CHAPITRE I. — LES VIEILLES CROYANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — LES VIEILLES CROYANCES

croyaient à la survivance vague et indécise de l'être humain^ invisible mais non immatériel, et réclamant des mortels une nourriture et des breuvages ' . Chez certains d'entre ces peuples, des textes du XVF siècle prouvent encore la persistance de coutumes mortuaires qui, jusque dans leurs détails, sont semblables à celles usitées primitivement en Grèce et à Rome~. Même en dehors des populations de race aryenne, en particulier chez les Sémites, les cérémonies célébrées en l'honneur des morts offrent aussi dans leur ensemble une similitude remarquable avec celles dont les Hellènes et les Italiques avaient conservé la tradition '\ parce qu'à un certain stade de civilisation, l'on se fit de la condition des défunts une idée semblable et l'on peut, dans ce sens limité, parler de l'universalité d'un même culte des morts.

La comparaison des rites funéraires accomplis ainsi par l'humanité presque entière en éclaire la signification : elle montre qu'ils s'inspirent presque partout des mêmes sentiments. Les manifestations de la piété envers les disparus procède de la crainte plutôt que de l'espoir, d'une aversion, autant que d'une affection, car les défunts &ont enclins au ressentiment et prompts à la vengeance, si on les offense ou les néglige*. On appréhende cette force inconnue qui est en eux, cette puissance mystérieuse qui les fait agir. Si le cours de leur existence terrestre a été subitement interrompu, surtout s'ils ont péri avant l'âge, on soupçonne qu'ils ont été victimes de quelque maléfice^ ; s*ils ont succombé à une longue maladie, c'est par suite d'une invasion d'esprits malfaisants, provoquée par des sortilèges. On redoute toujours le ressentiment ou la malveillance de ceux qui ont été arrachés à leur foyer et à leurs habitudes ; ils envient, croit-on, les survivants qui voient encore la lumière et jouissent des biens dont ils sont privés. Dans de nombreuses contrées des deux iiémisphères on a constaté cette attitude des sauvages envers les trépassés, qu'ils s'ingénient, par tous les artifices en leur pouvoir, à tenir éloignés deux-mêmes et à bannir de leur demeure. La crainte des morts a été l'inspiratrice fécondei . de rites infiniment variés, précautions prises pour déjouer la malignité astucieuse d'esprits irritables ou pour apaiser leur ressentiment et se concilier leur bienveillance secourable.

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